Mohamad Misto
08 Mai 2018•Mise à jour: 09 Mai 2018
AA/ Raqqa (Syrie)
Les habitants de la ville de Raqqa, dans le nord de la Syrie, sont dans une situation désespérée. Cela fait huit mois que l'organisation terroriste PYD /PKK a pris le contrôle de la cité, avec le soutien de la coalition internationale.
Les services sont quasi-inexistants. Il n’y a ni opportunités d’emplois, ni aides humanitaires. Et la corruption de l'organisation terroriste a exacerbé les difficultés de la situation, incitant les enfants à tenter d’assurer leur survie, en cherchant leur pitance dans les décharges publiques.
L'extrême pauvreté des habitants de la ville a contraint leurs enfants à se rendre dans des décharges pour ramasser des bouts de plastique et de carton. Un travail difficile et dangereux pour des enfants désormais privés d'éducation.
Près de 90% des quartiers de la cité ont été détruits. Les décombres jonchent la ville. L'organisation terroriste et les forces de la coalition n'ont rien fait pour la reconstruire, ni pour empêcher le travail des enfants, en particulier dans les décharges.
A Raqqa, seuls 20 mille habitants sont restés après le retrait de l’organisation terroriste Daech, soit moins d’un tiers de la population d'origine.
Les photographes d’Anadolu ont observé des dizaines d'enfants passer leur journée dans la décharge avec des femmes, à la recherche de choses susceptibles d’être vendues, pour gagner le prix de leur survie.
Des sources à Raqqa ont indiqué au correspondant d’Anadolu que la plupart des enfants de la ville ont quitté leurs écoles, en quête d'un travail leur permettant d’aider leurs familles à assurer leur pain quotidien.
La colère se répand dans la cité, contre l’autorité de l’organisation terroriste PYD et la coalition internationale, parce qu’aucune aide n’est apportée aux habitants pour reconstruire la ville, ni pour permettre l’entrée des aides humanitaires, comme à Ain el-Arab (Kobané).
Mohammed (10 ans), est l'un de ces enfants qui passent leur journée à la décharge. Il déclare à Anadolu qu’il a cherché du travail afin d'aider sa famille pauvre mais n’en a pas trouvé. Il a donc été contraint de se rendre à la décharge, dans l'espoir de trouver un meilleur emploi, dit-il.
De son côté, Hassan déclare, du haut de ses 9 ans, qu’il ne va pas à l’école, à cause de la pauvreté, mais vend tous les jours ce qu’il parvient à trouver dans les monceaux d’ordures.
Selon des activistes de la ville de Raqqa, les différents quartiers sont détruits de 40% à 90%. Des dizaines de corps gisent toujours sous les décombres, affirment les mêmes sources, précisant que les habitants tentent par eux-mêmes de déblayer les débris de leurs maisons.
Pour sa part, Mohamed Othman, un activiste qui documente les violations des terroristes du PYD à Raqqa, affirme que les enfants abandonnent l'école en raison de l’extrême pauvreté des civils de la région.
Il relèvera également le facteur aggravant de l’extrême lenteur avec laquelle se poursuivent les opérations de déblayements.
L'organisation terroriste met les civils face au fait accompli et les force à reconstruire leurs maisons et à enlever les décombres par eux-mêmes, ajoute Othman.
Par ailleurs, l’activiste a relevé l’absence totale des opportunités d’emploi. Même le travail au sein des organisations humanitaires est soumis à l’approbation de l’autorité du PYD, a-t-il souligné.
Personne ne peut travailler pour une organisation humanitaire sans avoir obtenu au préalable l’autorisation officielle du PYD, or le groupe terroriste œuvre d’abord à placer ses proches, conclut Othman.
Avec le soutien des Etats-Unis, l'organisation terroriste PKK/PYD est parvenue à prendre le contrôle de Raqqa à la mi-octobre 2017, après plus de quatre mois de combats et de bombardements.
A noter que la ville de Raqqa était le fief de l’organisation terroriste Daech.
Le 4 avril, l'ONU a annoncé que 70% des bâtiments de Raqqa ont été détruits, précisant que des munitions non explosées étaient encore disséminées dans les quartiers de la ville.