AA - Kinshasa - Gaïus Kowene
88 organisations non gouvernementales en RDC ont réclamé l'arrestation du président soudanais Omar el-Béchir et son extradition vers la Cour Pénale Internationale suite aux "crimes de guerre" dont il est accusé.
Le dirigeant soudanais Omar El Béchir a été accueilli mardi soir à l'Aéroport international de Ndjili, dans la capitale Knshasa, à la veille de l'ouverture d'un sommet des chefs d’Etats du Marché Commun de l’Afrique de l’Est et Australe (COMESA) qui traitera de l’autosuffisance Alimentaire dans la région et qui se clôturera jeudi.
L'actuel président soudanais est recherché par la Cours Pénale Internationale depuis presque 5 ans. La CPI l’accuse de "crimes de guerre et crimes contre l'humanité" qu’il aurait commis en 2003, au Darfour, dans l'ouest du Soudan.
Dans un communiqué de presse rendu publique hier, 88 ONGs Congolaises ont demandé au président Joseph Kabila d’ arrêter son homologue Soudanais pour la CPI.
Descartes Mpongo est secrétaire exécutif de l’ONG Action des Chrétiens Activistes des Droits de l’Homme (ACADHOSHA) basée au Sud Kivu a déclaré : « En tant que l’un des Etats parties au Statut de la CPI qui ont référé leurs situations à la Cour, la RDC doit clairement démontrer qu’elle est du côté de la justice et des victimes, pas du côté des suspects. » rapporte le communiqué.
Avis partagé par Elise Keppler, Directrice associée, Programme de la justice internationale de Human Rights Watch. Pour elle, « C'est une insulte aux victimes du Darfour que le gouvernement congolais accueille le président soudanais. »
Elle encourage le gouvernement à suivre l’exemple des pays comme le Malawi, la Zambie, le Kenya et l'Afrique du Sud qui ont évité sa visite. Ces ONGs de droits de l’homme menacent de demander à la justice Congolaise un mandat d’arrêt national pour accélérer l’arrestation du président Soudanais.
Par contre, avec la bénédiction de l’Union Africaine, certains pays comme la Lybie, le Tchad, la RCA, etc… l’ont accueilli, violant ainsi les statuts de Rome qu’ils ont ratifiés, selon le communiqué.
Ces pays ont justifiés leur décision par la promotion de la résolution pacifique des conflits dans la région.
Pour rappel, le Soudan était déchiré par des guerres depuis 2003 ; conflits qui se sont soldés par la scission du pays après referendum. Le conflit a fait 300 000 morts et 2,7 millions de déplacés selon l'ONU. Les autorités locales parlent de 10 000 morts.
C’est le 04 Mars 2009 que la Cour Pénale Internationale a émis un mandat d’arrêt contre Omar El Béchir pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour. A l’époque, M. Al Bachir avait prévenu que la décision de la CPI n'aurait "aucune valeur" et qu’ "elle ne vaudra pas l'encre avec laquelle elle aura été écrite."