Dmitri Chirciu,Tuncay Çakmak
02 Juillet 2020•Mise à jour: 03 Juillet 2020
AA - Moscou
Le référendum sur les amendements à la Constitution russe, qui ouvrent notamment la voie à Vladimir Poutine de rester au pouvoir jusqu'en 2036, s’est achevé par un "OUI" massif des électeurs, selon les résultats officiels.
Après 100% des bulletins comptés, la Commission électorale centrale russe (CEC) a déclaré, jeudi, que 77,92% de la population a voté pour les changements tandis que 21,27% s'y sont opposés.
Le vote qui a commencé le 25 juin et s'est terminé le 1er juillet a vu un taux de participation de 65% pour un nombre total d’électeurs inscrits supérieur à 110 millions.
Les résultats signifient que les amendements entreront en vigueur, la condition d'approbation de plus de la moitié des électeurs étant remplie.
- Poutine président jusqu’en 2036 ?
La Constitution de la Russie prévoit deux mandats consécutifs en tant que président, mais les amendements adoptés par ce référendum vont réinitialiser les périodes allant de 2012 à 2014, accordant à Poutine deux mandats supplémentaires possibles de six ans, soit jusqu'en 2036.
Interrogé pour savoir s'il pourrait rester au pouvoir aussi longtemps, Poutine, le dirigeant du pays pendant deux décennies, en alternance en tant que président ou Premier ministre, a déclaré qu’il n'a "rien exclu", citant la nécessité de maintenir la stabilité politique.
D'autres modifications constitutionnelles confèrent au gouvernement et au parlement russes des pouvoirs plus étendus.
Les amendements adoptés permettent aussi de renforcer l’annexion de la Crimée, interdisant toute manifestation qui remettrait en question la légitimité des territoires de la Fédération de Russie.
L’opposition russe a protesté contre ces changements, accusant l’administration d’essayer de prolonger le mandat de Poutine.
Le grand nombre d'amendements proposés collectivement sous la forme d’un bloc indivisible a privé les électeurs d'approuver certains changements tout en en rejetant d'autres.
L'opposition a également dénoncé l'absence de participation minimale pour un vote sur les modifications constitutionnelles.