Ekip,Ayvaz Çolakoğlu
25 Septembre 2017•Mise à jour: 25 Septembre 2017
AA - Erbil (Irak) - Ayvaz Colakoglu
Le président du District du Nord de l'Irak, Massoud Barzani n'a pas renoncé au référendum de sécession malgré tous les avertissements et l'opposition exprimés par de nombreux pays et organisations internationales, dont l'Organisation des Nations Unies (ONU), les Etats-Unis et en dépit de la décision de la Haute Cour irakienne qui a jugé le référendum "anticonstitutionnel".
D'intenses efforts diplomatiques ont été déployés pour dissuader Barzani de mettre en application cette décision illégale.
Malgré les avertissements émis par des représentants de l'ONU, des Etats-Unis, des dirigeants de Bagdad, par les pays voisins, la Turquie, l'Iran et l'Arabie Saoudite, le processus référendaire a démarré, lundi.
En plus des provinces d'Erbil, de Souleimaniye et de Dohuk, les provinces de Kirkouk, de Diyala et de Salah ad-Din, dont les statuts sont controversés, ont été inclus dans le projet de référendum.
Les dirigeants d'Erbil ont fait la sourde oreille à tous les avertissements, qu'ils viennent du gouvernement central irakien, de l'ONU ou de la Communauté internationale.
Le Premier ministre irakien, Haïder al-Abadi a qualifié, dès le 7 juin, date de l'annonce du projet de référendum, l'initiative "d'unilatérale et d'anticonstitutionnelle".
Depuis, al-Abadi a déclaré, à plusieurs reprises, qu'ils n'autoriseraient pas la création d'un Etat raciste, "Nous ne reconnaîtrons pas les résultats du référendum. Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour préserver l'unité de l'Irak et la sécurité de nos concitoyens", avait-il averti.
La porte-parole de la Maison Blanche avait appelé, le 16 septembre, à l'annulation du référendum et à la reprise du dialogue entre Erbil et Bagdad.
L'émissaire américain auprès de la coalition qui combat le groupe Daesh, Brett Mc Gurk avait, quant à lui, indiqué que le référendum ne s'appuyait sur aucune base légale et qu'il était risqué pour la stabilité de la région.
Les mêmes inquiétudes et constats ont été formulés par le ministère des Affaires étrangères du Royaume-Uni. Le 19 septembre, le ministre des Affaires étrangères anglais, Michael Fallon a personnellement rencontré Barzani à Erbil pour le dissuader d'organiser le référendum.
Le Conseil de sécurité de l'ONU s'était réuni le 21 septembre courant et avait appelé, à l'unanimité des pays présents sauf Israël, au report du référendum et à la reprise du dialogue par Erbil pour résoudre ses problèmes. Le Conseil avait mis en avant les possibles effets néfastes du référendum dans la poursuite de la lutte contre Daesh.
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu avait rencontré Massoud Barzani à Erbil le 23 août et lui avait spécifié que la Turquie n'accepterait pas ce référendum illégitime et avait demandé son annulation.
Le 22 septembre, devant le refus de Barzani de faire marche arrière, le Conseil de sécurité turc s'était réuni et avait déclaré dans son communiqué " Si malgré toutes nos mises en garde, le référendum se déroule, alors la Turquie préservera ses droits nés des accords bilatéraux et internationaux".
Le Secrétaire du Conseil suprême national de sécurité de l'Iran, Ali Shamkhani avait demandé au District du Nord de l'Irak de renoncer au référendum et menacé de fermer toutes les frontières et routes si l'indépendance est déclarée.
L'Arabie Saoudite s'était également opposée au référendum et avait invité Barzani à faire marche arrière pour préserver la région de nouvelles menaces.
Jusqu'à aujourd'hui, juste Israël soutient ouvertement le projet de référendum pour l'indépendance du District du Nord de l'Irak.