Qualid Filsde Mohamed Chine,Adil Essabiti
10 Décembre 2018•Mise à jour: 11 Décembre 2018
AA/ Tunis
Cinq femmes victimes d'atteintes aux droits humains commises par l'ancien régime tunisien ont menacé lundi de boycotter la prochaine conférence de clôture de l’Instance Vérité et Dignité (IVD).
C’est ce qui ressort d'une conférence de presse organisée à Tunis par cinq femmes qui ont été victimes de graves violations des droits de l'homme sous le régime de l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali, en raison de leurs activités politiques.
Les femmes en question avaient déjà organisé un sit-in en novembre dernier au siège de l’Instance.
Elles exigent des éclaircissements sur les critères selon lesquels l’Instance Vérité et Dignité déterminera les indemnités pour les victimes de violations des droits humains sous le régime évincé par la révolution du 14 janvier 2011.
"Si l’Instance répond à nos demandes, nous participerons aux célébrations et nous chanterons ses (IVD) louanges. Si elle ne réagit pas, nous organiserons un sit-in de protestation", a déclaré Salma bin Mohammed, dont l’époux est mort sous la torture à l’ère de Ben Ali.
Et d’ajouter : "Ce n'est pas la position de cinq femmes, mais celle de toutes les victimes".
Pour sa part, Besma Belîi, l'une des participantes au sit-in organisé le mois dernier, a déclaré: "Nous voulons des éclaircissements sur les critères de réparation fixés par l’IVD".
Elle a souligné que la président ede l’IVD (Sihem Ben Sedrine) a refusé de dialoguer avec elles durant les 15 jours de leur sit-in.
Dans le contexte de l’annonce des résultats des travaux de l’IVD, Hamida Ajnaki, qui a également participé au sit-in, a appelé à "conserver les archives de l’IVD aux Archives nationales tunisiennes".
De son côté, Hamida Ajnaqi a appelé, lors de la conférence de presse, à « ne pas divulguer la teneur des audiences secrètes des victimes à qui que ce soit », soulignant que « même les victimes devraient être contraintes de ne pas publier le contenu de leur témoignage si il leur est remis".
Une position qu’elle a justifiée au vu " de l’horreur que recèlent ces témoignages, sur des violations si graves que les victimes n’en ont même pas informées leurs propres familles".
En novembre dernier, la présidente de l’IVD, Sihem Ben Sedrine, avait déclaré à la presse que l’Instance est engagée, en vertu de la loi, à ce que les victimes soient indemnisées.
L’indemnisation des victimes doit être conforme aux capacités de l’Etat, a-t-elle souligné.
L’IVD devrait organiser une conférence de clôture vendredi et samedi prochains.