Yosra Ouanes
22 Juin 2018•Mise à jour: 23 Juin 2018
AA/ Tunis / Yosra Ouanes
Un guide sur "L'utilisation des preuves médico-légales pour relever et documenter les allégations de torture et de mauvais traitements" dans les prisons a été diffusé publié vendredi en Tunisie.
C’est ce qui a été annoncé lors d'une conférence de presse tenue à Tunis, en coopération entre les ministères de la Justice, de la Santé et Centre pour le contrôle démocratique des forces armées, basé à Genève.
Le guide, dont une copie a été distribuée aux journalistes, vise à rendre plus efficiente le rôle des médecins légistes en Tunisie en les aidant à mener des examens médicaux conformément aux normes internationales.
Le document ambitionne également à soutenir le rôle des juges dans l'interprétation et l'utilisation des preuves médico-légales lorsque des allégations de torture ou de mauvais traitements sont signalées dans les prisons ou les centres de détention.
"Le guide vise à créer une harmonie entre la justice et la médecine légale pour garantir les droits des victimes et ceux qui dénoncent la torture", a déclaré le ministre de la Justice Ghazi al-Jeribi, au terme de la conférence.
"Rien ne justifie les mauvais traitements et la torture, mais la victime peut ne pas être à même d’informer les services compétents", a-t-il dit.
Il a insisté sur "la nécessité du respect de l’être humain, et d’empêcher ces actes inhumains".
Pour sa part, le ministre tunisien de la Santé, Imad Hammami, a déclaré à la presse que "le guide est un outil gagnant-gagnant".
Il a a indiqué que « le guide vise à mettre à contribution de l’avancée académique de la médecine légale, dans le signalement des violations ».
Quelques 22 mille personnes sont détenues dans les prisons tunisiennes, selon de précédentes déclarations du ministre de la Justice.
À plusieurs reprises, des organisations tunisiennes et internationales de défense des droits de l'homme ont exprimé leur inquiétude quant aux conditions d'arrestation et de détention dans le pays.
Les organisations ont appelé les autorités tunisiennes à mettre en œuvre les engagements pris pour éliminer la torture et les mauvais traitements dans les prisons.
Il n'existe pas de statistiques officielles sur les cas de torture en Tunisie. Cependant, ces dernières années, des centaines de violations ont été relevées par des organisations de la société civile.