AA-Moroni-Abouhariat Saïd Abdallah
Un millier d'étudiants de l'Université des Comores ont entamé, mardi à Nvuni (3 kms de Moroni) "une grève illimitée" pour protester contre "les mauvaises conditions de vie universitaire" a rapporté le correspondant d'Anadolu à Moroni.
" Nous demandons à ce que nos diplômes soient délivrés à la fin des études" crient en chœur les étudiants des facultés de Nvuni, à 3 kilomètres de Moroni. Ces étudiants ont protesté, mardi, contre "de mauvaises conditions de vie universitaire". "Une grève illimitée" dans le but de faire pression sur les autorités.
Depuis la création de l’Université des Comores en 2003 par le président Azali Asssoumani, aucun diplôme n'est délivré par cet établissement public d'études supérieures. Seule une attestation de réussite est remise aux étudiants après un cursus de 3 ans.
Parmi les revendications: une cantine, des sanitaires et un allègement sur les tarifs de transport. Sur des tableaux noirs érigés en guise de banderoles, les étudiants ont inscrit à la craie blanche: "Le respect des droits estudiantins n’est-il pas l’objet de votre travail ?" "Nous ne cesserons jamais de réclamer nos droits jusqu’à ce que l’administration réponde à nos demandes : grève illimitée »
Les étudiants ont quitté le site universitaire de Nvuni pour se rendre à Moroni manifester devant le ministère de l'Education. Les forces de l'ordre, postées à Mavinguni, village voisin de Nvuni, leur ont barré la route avant de les disperser au gaz lacrymogène et en tirant des coups de feu en l'air. Plus de 35 étudiants ont été arrêtés, a affirmé le correspondant d'Anadolu sur place.
Un policier a été blessé ainsi que trois étudiants. Ces derniers ont été transférés à l'hôpital El-Maarouf
« Une étudiante a reçu des coups de pieds au niveau du bassin, un garçon a reçu plusieurs coups de matraque. Tous se trouvent dans un état stable et ils rentrent tous chez eux ce soir » a indiqué à Anadolu Hassan Mohamed Mbae, médecin généraliste au service des urgences de l'hôpital El-Maarouf.
Aux Comores, le secteur de l'enseignement est en proie à une crise depuis le mois de janvier. Après les sit-ins et grèves des enseignants, réclamant avancement, intégration et titularisation, des centaines de lycéens ont investi les rues de la capitale au début du mois de mars pour protester contre l'arrêt récurrent des cours.