AA/Srinagar (Cachemire indien) / Shazia Yousuf
Une ancienne chercheuse d’Amnesty International expulsée d’Inde, en 2014, a affirmé que ses recherches sur les pratiques de l’armée indienne dans le Cachemire sous domination indienne sont à l’origine de son expulsion, au lendemain des critiques lancées par l’ONG contre «l’impunité» de l’armée.
Christine Mehta a écrit, jeudi, dans le journal indien «The Hindu» : «J’étais sur le point de publier un rapport sur les abus commis en vertu de la loi controversée relative aux pouvoirs spéciaux des forces armées, lorsque j’ai été sommée de quitter immédiatement le pays».
«Malgré la nécessité des réformes au sein de l’institution militaire, le gouvernement indien demeure extrêmement susceptible à l’image de son armée et des autres forces de sécurité. L’Etat qualifie d’'antipatriotique quiconque soulève des points concernant la conduite des forces de sécurité», a expliqué Mehta, en ajoutant que le directeur d’Amnesty International en Inde s’est vu signifier que le gouvernement ne "tolèrera pas" son travail dans le Cachemire.
Le rapport publié, mercredi, accuse l’Etat indien d'octroyer l’impunité aux soldats accusés de violations des droits de l’Homme dans le Cachemire sous domination indienne, dont des enlèvements, des viols et des tortures.
Amnesty International a appelé à une enquête impartiale sur ces violations et à l’abrogation de la loi relative aux pouvoirs spéciaux des forces armées, texte qui protège les soldats indiens de la portée des lois indiennes et a été décrite dans le rapport comme un des «principaux vecteurs facilitant l’impunité».