AA/Tunis/Adel Thabti
Un tribunal tunisien a ordonné, lundi, « la dissolution de la Ligue nationale de protection de la révolution » (LNPR) pour « violation à la loi sur les associations et commission d’actes de violence», apprend-t-on de sources judiciaires.
Rendu par le tribunal de première instance de Tunis, le jugement est susceptible de pourvoi en appel et en cassation, conformément au principe du double degré de juridiction, précisent les mêmes sources.
Selon le correspondant d’Anadolu, Les avocats de la Ligue envisagent de contester le jugement rendu par le tribunal par un recours contre cette décision.
L’action contre la Ligue a été intentée par le chef du contentieux de l’Etat en Tunisie, le 11 février 2014, sur fond de requêtes formulées par des parties politiques et syndicales, dont l’Union générale tunisienne du Travail (UGTT), un des principaux parrains du dialogue national en Tunisie.
L’GUTT avait accusé la Ligue d’être à l’origine des actes de violence et d’agression ayant ciblé ses adhérents lors d'une manifestation organisée le 4 décmebre 2012 devant le siège central de l’UGGT à Tunis, à l’occasion de la commémoration du décès de son fondateur Farhat Hached, assassiné le 5 décembre 1952 par les services secrets français.
Par ailleurs, des partis de l’opposition avaient imputé à la Ligue "la pleine et entière responsabilité" du lynchage à mort de Lotfi Nagguedh, un responsable local du parti Nidaa Tounes tué au mois d’octobre 2012.
Les dirigeants de la Ligue rejettent en bloc ces accusations, soulignant que l’objectif qui sous-tend leur organisation est de « barrer la route au retour des caciques de l’ancien régime sur la scène politique ».
Me Boubaker Ben Ali, membre du comité de Défense a qualifié l’affaire de la dissolution de la Ligue de protection de la révolution de « procès éminemment politique ».
« Les arguments et les motifs invoqués à ce propos sont injustifiés et ne peuvent nullement servir de base légale solide pour ordonner une telle dissolution», a-t-il encore estimé.
Créées au lendemain de la chute du régime de Ben Ali en 2011, pour protéger les quartiers contre les actes de vandalisme et de violence, la Ligue s’est mue en organisation nationale, dotée de sections régionales et régie par la loi sur les associations.
La loi sur les associations interdit à celles-ci de fonder leurs activités sur « l’incitation à la violence, à la haine, à l’extrémisme et à la discrimination sur la base de la religion, du sexe ou de de la réligion ».