AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le Premier ministre Manuel Valls a exprimé son indignation vis-à-vis d'un incident raciste qui a eu lieu dans le métro parisien mardi soir par son tweet diffusé dans la nuit du jeudi.
''Touché et indigné par le témoignage de Souleymane. Sur le terrain ou en dehors des stades, le racisme et l'intolérance n'ont pas leur place'', a noté Valls sur Twitter, à la suite du témoignage du chef d'exploitation Franco-mauritanien Souleymane S. jeudi sur ce qu'il avait subi dans le métro par les supporters de l'équipe anglaise Chelsea, arrivés mardi à Paris pour le match de Ligue des Champions de leur équipe contre Paris Saint-Germain. Ils l'avaient empêché de monter dans la même rame qu'eux, revendiquant leur racisme en chantant ''Nous sommes, nous sommes racistes et c'est ça que nous voulons être''.
La Ligue de football française, ligue de football professionnelle (LFP) a fait part de son intention de ''se porter partie civile'' contre l'incident ''intolérable'', d'après son président, Frédéric Thiriez. Dans son communiqué, Thiriez a indiqué ''le football doit lutter au quotidien contre le racisme. C'est une priorité et c'est au nom de cette priorité que la LFP, bien qu'elle ne soit pas organisatrice du match, souhaite se porter partie civile''.
Pourtant, le président de l'instance européenne de football (UEFA), Michel Platini s'est montré plus réticent à entamer une poursuite judiciaire sur le sujet. ''On peut sanctionner ce qui se passe dans un stade ou dans le périmètre du stade, mais en dehors, dans le métro, qu'est-ce que vous voulez que je fasse moi ? Je n'ai pas les moyens et le pouvoir de le faire'', a-t-il affirmé sur la radio française RMC.
Dans son témoignage accordé au quotidien français Le Parisien, Souleymane, chef d'exploitation de 33 ans, avait indiqué qu'il ''vit avec le racisme'' et ''n'était pas vraiment surpris'' de ce qui lui était arrivé.
Souleymane avait reproché aux agents de la RATP de n'être intervenus qu’au bout d'un moment, ''juste pour vérifier s'il n'y avait pas de bagarre''. Selon lui, leur objectif, c'était que le trafic reprenne sur la ligne du métro. ''Aucun usager n'a pris ma défense'', avait-t-il encore déploré.