AA/Pékin (Chine)
La Chine a envoyé mercredi, un responsable de niveau ministériel pour une première visite officielle à Taiwan depuis la rupture des relations entre les deux pays en 1949.
Les relations entre la Chine et Taiwan sont généralement stables et de grands progrès ont été faits cette année, a déclaré le directeur du Bureau des affaires taïwanaises à Pékin avec rang de ministre, Zhang Zhijun, après une réunion avec le président du Conseil des Affaires continentales taïwanais, Wang Yu-chi.
Notant que Wang s’est, pour sa part, déjà rendu en Chine continentale en février dernier, Zhang a fait remarquer mercredi, que de telles visites auraient été inconcevables de par le passé.
Le ministre chinois a ainsi appelé les deux camps à développer une confiance politique mutuelle afin de ne pas entraver le processus de paix.
Cette réunion est un pas significatif, s’est réjoui le porte-parole du Bureau chinois des affaires taïwanaises, Ma Xiaoguang.
Ma a indiqué que les deux parties avaient convenu de développer des voies de communication normales et des relations économiques dans le cadre de l'Accord-cadre de coopération économique entre Pékin et Taipei de 2010.
Un accord de suivi a été signé en juin 2013 mais n’a pas encore été ratifié par Taiwan. Son objectif est de libéraliser le commerce des services entre la Chine et Taiwan, officiellement dénommée "République de Chine".
Conformément à cette entente économique, Taiwan devrait pouvoir opérer dans 80 secteurs de services à l'intérieur de la Chine, tandis que Pékin aura accès à 64 secteurs de services taïwanais.
Une majorité des Taïwanais s’oppose cependant à l’accord, en déclarant qu’une intégration économique avec la Chine nuirait à Taïwan.
Depuis la guerre civile chinoise de 1949, Pékin a continué à revendiquer Taïwan et a menacé de s’en emparer de force si la jeune république s’entêtait à prendre trop de mesures pour une totale indépendance. Taïwan continue, pour sa part, a souligné son statut d’Etat souverain.
Les relations diplomatiques entre les deux pays se sont néanmoins décrispées depuis l'arrivée au pouvoir, en 2008, du président taïwanais Ma Ying-jeou.