AA/Sanaa
Le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi a limogé, jeudi, deux commandants de l’armée nationale pour leur soutien au groupe d’insurgés chiites Houthis.
«La décision inclue également le renvoi des deux commandants devant un tribunal pour avoir contraint les forces armées à participer à des batailles ne servant pas les intérêts nationaux», a indiqué la présidence dans un communiqué rendu public, jeudi, et dont Anadolu a eu copie.
Hadi a récemment limogé plusieurs commandants de l’armée yéménite pour leur soutien présumé aux Houthis qui se sont emparés de la capitale Sanaa, en septembre dernier, et cherché, depuis, à entendre leur influence dans d’autres provinces du pays.
Depuis sa prise de contrôle de Sanaa, le groupe Houthi a recruté et renvoyé plusieurs gradés de l’armée yéménite.
Le chef d’Etat yéménite a, pour sa part, récemment déclaré tous les décrets promulgués par les Houthis depuis leur prise de pouvoir en septembre, comme «nuls» et «illégitimes».
Hadi s’est enfui à Aden, dans le Sud du Yémen, en février dernier, après avoir été assigné en résidence dans la capitale tombée sous le contrôle des insurgés.
Il s’est exilé, en fin du mois de mars, en Arabie saoudite après les bombardements de sa résidence à Aden par les Houthis.
Depuis le 26 mars, plusieurs sites contrôlés par les Houthis, à travers le Yémen, sont bombardés par les forces de la coalition "Tempête de fermeté".
Cette coalition est composée de cinq Etats du Golfe: Arabie Saoudite, Bahreïn, Qatar, Koweït et Emirats Arabes Unis ainsi que du Maroc, du Soudan, de la Jordanie et de l’Egypte. Les Etats-Unis avaient annoncé qu’ils assuraient une aide logistique et de renseignement.
L’Arabie Saoudite a affirmé que les bombardements surviennent en réponse aux appels du président Abdrabbo Mansour Hadi pour une intervention militaire visant à expulser les milices Houthies.
Les Houthis considèrent, pour leur part, «l’offensive américano-saoudienne» comme une «violation flagrante du territoire yéménite».
Le Yémen est en proie au chaos depuis septembre 2014, notamment lorsque, après la révolution de 2011, des forces pro-Houthies se sont emparées de Sanaa et ont cherché à étendre leur emprise à d’autres régions du pays.
Certains pays du Golfe accusent l’Iran de soutenir l’insurrection des Houthis, groupe chiite, ce que Téhéran réfute avec force.