Beyza Binnur Dönmez
17 Juillet 2026•Mise à jour: 17 Juillet 2026
AA / Genève
L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a averti vendredi que l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda se propage plus rapidement que les efforts déployés pour la contenir, appelant à un soutien international accru afin d'endiguer le virus.
« Le virus se propage plus vite que notre capacité à le contenir », a déclaré Frantz Celestin, directeur régional de l'OIM pour l'Afrique de l'Est, la Corne de l'Afrique et l'Afrique australe, lors d'une conférence de presse à Genève.
Au 14 juillet, plus de 2 000 cas d'Ebola et 700 décès avaient été recensés en RDC et en Ouganda, la RDC étant le pays le plus durement touché.
« L'épidémie progresse à un rythme environ 70 % supérieur à celui observé il y a deux semaines, avec une moyenne de plus de 40 nouveaux cas signalés chaque jour, ce qui témoigne de la gravité et de l'ampleur de la situation à laquelle nous sommes confrontés aujourd'hui », a-t-il déclaré.
Selon Celestin, environ 60 % des décès recensés sont survenus au sein des communautés, et non dans des établissements de santé, ce qui met en évidence les difficultés persistantes en matière de détection précoce, de surveillance et d'accès rapide aux soins.
Il a averti que l'insécurité, les déplacements de population et l'accès humanitaire limité entravent les efforts de riposte, si bien que l'ampleur réelle des infections dans certaines communautés reste inconnue.
Près de 150 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays vivent actuellement dans 69 sites soutenus par l'OIM dans l'est de la RDC, tandis que 300 000 autres personnes vivant dans des communautés d'accueil ont également été affectées, a-t-il indiqué.
L'extension de l'épidémie à deux nouvelles provinces proches de la capitale, Kinshasa, souligne la nécessité de renforcer la surveillance aux postes-frontières et le long du fleuve Congo afin d'empêcher une propagation supplémentaire, a ajouté Celestin.
Il a précisé que l'OIM a réalisé près de 7 millions de contrôles sanitaires et soutient plus de 200 points d'entrée et de contrôle, tout en avertissant que 63 % de son appel régional de 55,8 millions de dollars destiné à financer la riposte demeure sans financement.
« Le risque de propagation transfrontalière est réel », a conclu Celestin, rappelant que l'Ouganda a déjà enregistré des cas et que des infections apparaissent désormais à proximité de la frontière avec le Soudan du Sud.
*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz