AA/Tunis/ Afef Toumi
La proximité géographique entre la Tunisie et la Libye a renforcé les relations bilatérales dans le domaine de la santé, en général, et celui de l'industrie pharmaceutique en particulier.
La consommation des médicaments fabriqués en Tunisie date de longue date en Libye, chose qui devrait encourager à viser le marché libyen, en premier, comme l’a indiqué Abdallah Ferchichi, représentant officiel, en Tunisie, de la Société nationale Libyenne « Al Enmaa » pour les produits pharmaceutiques et les équipements médicaux, dans une interview accordée, récemment, à Anadolu.
Ferchichi explique que la Société nationale [libyenne] « Al Enmaa », déjà active en Tunisie opère sous la tutelle du Fonds du Développement Economique et Social et qu’elle a effectué des investissements, dans le domaine pharmaceutique, dans plusieurs pays.
Le volume des investissements d'al-Enmaa, en Tunisie, est évalué à 500 millions de dollars , indique notre interlocuteur, ajoutant que le chiffre d'affaires de ce partenariat s’élève à environ 700 millions de dollars. A savoir qu’en 2017, le volume des échanges a atteint 300 millions de dollars, selon les chiffres présentés par Abdallah Ferchichi.
Dans le cadre du partenariat tuniso-libyen, « Al Enmaa » a chargé la Société « Ferimex International », opérant dans le domaine pharmaceutique et dirigée par Abdallah Ferchichi, d’assurer la coordination avec tous les fournisseurs de produits pharmaceutiques, tunisiens et Internationaux, actifs sur le territoire tunisien.
« Je représente « Al Enmaa » auprès des laboratoires tunisiens, Syphat et Adwya entre autres, et des sociétés étrangères installées en Tunisie. Il s’agit de coordonner les achats et l’export de médicaments vers la Libye, en attendant la création d’une section de la société « Al Enma », et d’une centrale d’achats en Tunisie », indique l’interviewé.
La collaboration entre la Tunisie et la Libye dans le domaine pharmaceutique, date de plusieurs années, mais, à cause d’un manque de coordination, quelques problèmes financiers sont survenus entre les laboratoires pharmaceutiques tunisiens et la Société « Al Enma » et ont nui à cette collaboration.
Ces problèmes, explique Ferchichi, sont, principalement, dus au nombre limité de laboratoires tunisiens qui collaborent dans la fabrication et la livraison des médicaments, en réponse aux commandes de la Société « AL Enma ».
« Nous avons trente laboratoires de fabrication de médicaments, en Tunisie, dont uniquement trois sont inscrits et agrées par le ministère Libyen de la Santé », a fait savoir notre interlocuteur, précisant que les laboratoires non-inscrits auprès du ministère libyen de la Santé ne peuvent pas faire partie dudit partenariat.
En tant que coordinateur, Abdallah Ferchichi travaille à l’inscription d’un plus grand nombre de laboratoires pour assurer la quantité de commandes faites par la société « Al Enma ».
Etant une Société nationale, « Al Enma » est soumise à la décision du Conseil Ministériel qui a décidé, à un moment donné, d’arrêter tout échange avec les laboratoires tunisiens, jusqu’à la résolution des problèmes d’ordre financier, comme l’a souligné Ferchichi.
« Je considère que le partenariat tuniso-libyen dans le domaine pharmaceutique, est stratégique et qu’il nécessite d’être développé, j’ai donc pris en charge, en tant que Directeur Général de Ferimex International, de résoudre ce problème », a-t-il poursuivi.
« J’ai compté sur mon expérience dans le marché libyen et sur la confiance qu’ont les Libyens en nos services et produits pour entamer les négociations et renouveler le partenariat », a précisé l’interviewé, qui est revenu sur les circonstances du lancement de cette initiative.
Il a rappelé, dans le même sens, que le Colloque International sur le Financement et l’Investissement dans le secteur de la Santé, organisé en Tunisie, en novembre 2016, avait été l’occasion pour relancer l’idée du partenariat, d’autant plus que les deux parties ont coopéré à l’organisation de cet événement.
La mise en œuvre du partenariat n’a pas tardé grâce à la volonté des différents acteurs de le concrétiser, comme l’a assuré Ferchichi, soulignant que pour « faire avancer les choses il faut directement passer à la pratique ».
En effet, a-t-il poursuivi, « les exportations ont déjà démarré suivant des commandes faites par la Société « Al Enma ». On vient d’exporter 2,2 millions de dinars de médicaments. A savoir que « Al Enma » commande de grandes quantités de médicaments, vu qu’elle est financièrement indépendante et possède son propre budget », a fait savoir le coordinateur.
Le domaine pharmaceutique offre des investissements très rentables et devrait bénéficier d’un grand intérêt, selon Ferchichi, qui estime que c’est la raison pour laquelle il faut viser des objectifs, à long terme, dont la récupération et la préservation du marché Libyen.
«Ce partenariat mettra fin à la contrebande de médicaments, qui vaut actuellement 150 millions de dollars, si on offre des prix étudiés et que l’on tient à respecter les délais et à fournir les commandes dans les normes», a-t-il conclu.