Serap Doğansoy
14 Septembre 2026•Mise à jour: 14 Septembre 2026
Les marchés du crédit ne reflètent que partiellement la baisse de l’appétit des investisseurs pour les risques liés à l’intelligence artificielle (IA), a averti lundi la Banque des règlements internationaux (BRI) dans son rapport trimestriel.
Selon l’institution, la dynamique de l’IA, qui a soutenu les marchés boursiers et l’économie mondiale ces deux dernières années, montre des signes de vulnérabilité. Les valeurs du secteur ont fortement reculé lundi, après les appels de plusieurs dirigeants à ralentir le développement de cette technologie.
La BRI constate un affaiblissement des émissions de dette les plus risquées, tandis que celles des grandes entreprises technologiques continuent d’augmenter. Les investisseurs deviennent plus sélectifs et réorientent une partie de leurs capitaux vers d’autres secteurs et pays.
« Ce qui nous préoccupe le plus, c’est l’augmentation rapide de la dette et de l’effet de levier », a déclaré Frank Smets, directeur du département monétaire et économique de la BRI, évoquant des financements souvent opaques et hors bilan.
L’endettement des entreprises technologiques est passé de 22 milliards de dollars en 2010 à plus de 1.000 milliards en 2025, soit 44 % du crédit privé. L’encours total de ce marché atteint près de 2.500 milliards de dollars.
La BRI ne relève toutefois aucun signe de tension généralisée et juge les marchés résilients. Elle prévient néanmoins que la dette liée à l’IA pourrait accroître les coûts d’emprunt des États si la hausse des rendements se poursuit.
L’institution souligne également les incertitudes liées aux hostilités dans le détroit d’Ormuz, aux prix de l’énergie, à l’inflation et aux finances publiques. Son avertissement intervient avant plusieurs décisions de taux, notamment celle de la Réserve fédérale américaine, une semaine après le relèvement du taux de dépôt de la BCE à 2,5 %.
Une étude distincte de la BRI, fondée sur l’analyse par l’IA de milliers de documents de banques centrales, montre enfin une utilisation accrue des indicateurs d’inflation sous-jacente. L’institution avertit que la complexité croissante de leurs messages pourrait nuire à leur compréhension par le public.