Nadia Chahed
23 Janvier 2017•Mise à jour: 23 Janvier 2017
AA/Libreville/Jean Yves Ntoutoume
Une foule en liesse a accueilli l'élimination de la sélection gabonaise de football après un nul (0-0), face au Cameroun, a rapporte le correspondant de Anadolu.
Dès l'annonce du résultat, dimanche soir, les "Cocotiers", l’un des quartiers populaires du 12e arrondissement de Libreville, vibrait au rythme de l’Elone, une danse traditionnelle de l’ethnie Fang (majoritaire au Gabon). Pourtant, le Gabon qui affrontait le Cameroun pour son troisième match de poule venait de réaliser un triste 0-0 éliminatoire.
« Nous sommes contents non pas parce que nous sommes contre notre équipe, mais nous nous insurgeons contre la récupération politique du football par nos gouvernants », explique Thomas, en esquissant quelques pas de danse.
Pierre Nguema, enseignant, qui prenait part à la ‘’fête’’ de l’élimination des Panthères du Gabon, a condamné « Ce pouvoir qui préfère gaspiller plus de 400 milliards de francs CFA [ environ 800 millions de dollars US] pour l’organisation d’une CAN alors que les enfants ne sont pas à l’école pour cause de grève».
"Il y a un rejet de cette équipe par le peuple en colère. La distribution gratuite des billets d’entrée au stade et le transport des élèves pour remplir les différents gradins sur les quatre sites retenus n’ont pas suffi à réconcilier le peuple et son équipe", explique pour sa part, Marc Ona Essangui, figure emblématique de la société civile gabonaise, et membre de la plate forme gabonaise qui avait appelé au boycott de la CAN 2017.
Toutefois, cette joie n'était pas partagée par tous.
Laetitia, une jeune Gabonaise, estime pour sa part qu'il faut faire la part des choses: « Le sport, c’est le sport. Nous devons supporter notre équipe nationale, symbole de notre drapeau », dit-elle déçue.
Le ‘’Boulevard triomphal’’, comme d'autres rues de la capitale Libreville était désert, témoignant de la déception de plusieurs fans de l’équipe nationale.
"Je suis très choqué, j’étais convaincu que les Panthères iraient au moins en quart de finale", regrette Maximin qui suivait le match devant un écran géant aménagé pour la circonstance dans un grand café situé sur le ‘’Boulevard triomphal’’.