Esma Ben Said
23 Janvier 2018•Mise à jour: 24 Janvier 2018
AA/Paris/Patrick Juillard
Le comité marocain pour l’organisation de la Coupe du Monde 2026 a donné sa première grande conférence de presse, mardi à Casablanca.
Annoncée en août dernier, la candidature du Maroc à l’organisation de la Coupe du Monde 2026 est entrée dans une nouvelle phase ce mardi. A Casablanca, le comité d’organisation de l’épreuve a donné sa première conférence de presse, tandis que le pays accueille depuis le 14 janvier dernier la cinquième édition du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN).
Face aux journalistes, le président du comité de candidature, Moulay Hafid Elalamy, flanqué du président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) Fouzi Lekjaa, et du ministre de la Jeunesse et des Sports Rachid Talbi Alami, a dévoilé la philosophie de cette candidature, la cinquième pour le Maroc après les tentatives ratées de 1994, 1998, 2006 et 2010, alors que le Royaume chérifien doit faire face à la candidature commune des Etats-Unis, du Canada et du Mexique.
« Ce n’est pas une candidature de figurant, c’est une vraie candidature », s’est exclamé Moulay Hafid Elalamy. « La FIFA sait que nous sommes capables de réaliser de grandes compétitions », a-t-il ajouté.
La question des infrastructures a occupé une partie non négligeable des échanges. Le pays dispose aujourd’hui de six stades répondant aux normes internationales. Quatre autres sont en construction. La FIFA en exige douze plus deux de réserve pour une Coupe du monde à 48 équipes, comme ce sera le cas à compter de l’édition 2022, prévue au Qatar.
« Le Maroc sera prêt », a poursuivi Moulay Hafid Elalamy. « Si c’était un enjeu en 2003, ce ne l’est plus ! Avec ou sans la Coupe, on va continuer à se développer. Mais avec le Mondial ce sera plus rapide. Dans le passé, je sais qu’il y a eu des erreurs pour certains pays. Nous, on ne fera que des investissements nécessaires et structurés pour l’avenir du Maroc. »
« Notre enveloppe budgétaire entre dans la capacité du Maroc et nous nous engageons à honorer le cahier des charges demandé par la FIFA », a rassuré Rachid Talbi Alami, le ministre de la Jeunesse et des Sports.
Désireux de donner des gages de sérieux, le président de la Fédération, Fouzi Lekjaa, a annoncé le renfort du cabinet anglais Vero communications, qui avait conseillé la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques 2024, mais aussi celles de Rio pour les JO 2016 et du Qatar pour la Coupe du Monde 2022. « Nous avons mis en place une équipe de travail de 70 personnes », a précisé le dirigeant.
Autre avantage du Maroc aux yeux de ses représentants, sa proximité avec l’Europe, d’où proviendront une majorité des équipes participantes. « La stabilité de notre pays pour les investisseurs est un atout. Le Maroc est à 14 km de l’Europe et le fuseau horaire joue en notre faveur. Le fan de football va découvrir un pays tolérant, authentique, et passionné de football », a insisté Moulay Hafid Elalamy.
Soucieux de présenter une candidature à échelle humaine, le Maroc n’oublie pas le continent qu’il représente. « Notre candidature ne sera pas seulement marocaine, elle sera africaine », a ajouté le président du comité d’organisation. « Nous devons humaniser le football. Le déplacement des fans sera plus facile chez nous », a renchéri Fouzi Lekjaa.
Après le dépôt officiel du dossier à la FIFA le 16 mars prochain, une mission d’inspection est attendue au Maroc le mois suivant afin de valider cette candidature. Une fois cette étape passée, il restera deux mois environ avant le vote des 207 Fédérations nationales (les 211 pays affiliés à la FIFA moins les quatre pays candidats), prévu le 13 juin. 104 voix seront nécessaires pour obtenir l’organisation du Mondial 2026.