AA/Malabo/ Yazid Bamse
Ils ont tous le même regret à la bouche : « Dommage que cela ne dure qu’un mois »; la CAN 2015 organisée par la Guinée Equatoriale et qui a pris fin dimanche, a été une formidable opportunité de gagner de l’argent pour les nombreux petits commerçants du pays surtout dans les villes où se sont joués les matches.
Antonio est chauffeur de taxi à Mongomo (centre est), la ville où logeait la poule C (Algérie, Ghana, Sénégal et Afrique du Sud), il remercie son président de la République Teodoro Obiang Nguema Mbasogo d’avoir accepté d’accueillir la CAN. «Ce que j’ai gagné en deux semaines, c’est ce que je gagne en deux mois », déclare-t-il à Anadolu.
Habituellement, ce natif de Mongomo qui gagnait, en moyenne, 35 usd par jour, a vu ses revenus galoper, lors des deux premières semaines de la compétition, avec pas moins de 115 usd de recettes quotidiennement « Non seulement, il y a plus de clients, mais en plus, ils payent toujours plus que le tarif habituel, qui est de 0,70 usd en journée, et 1 usd en soirée », explique-t-il.
Même s’il regrette que sa ville n’ait abrité que les matchs du premier tour, Antonio est quand même heureux de sa quinzaine fructueuse, contrairement à l'édition de 2012 où Mongomo ne faisait pas partie des villes retenues lors la co-organisation de la CAN par la Guinée Equatoriale et le Gabon.
A Malabo, Fatou n’avait pas à se plaindre pendant la CAN, puisque la restauratrice d’origine sénégalaise a vu son commerce tourner à plein régime pendant le mois qu'a duré les trois semaines de compétition. Cette jeune dame établie dans la capitale équato-guinéenne depuis 8 ans, n’a jamais connu une telle clientèle même en 2012 quand la CAN avait été co-organisée par le pays.
«Le restaurant est rempli de 12h à 23h, certains clients sont même obligés d’emporter leur plat, parce qu’il n’y a pas assez de places parfois. Je remercie Allah pour cette opportunité, dommage que cela ne dure qu’un mois », regrette-t-elle avec le sourire.
Même si elle ne veut pas donner son chiffre d’affaires depuis le début de la compétition, Fatou consent à lâcher qu’elle vend en moyenne 175 plats par jour à raison de 3,5 usd par plat au lieu de 2,5 usd avant la CAN. «Faites le calcul », glisse-t-elle malicieusement.
A Bata (Centre-Est) , Amadou Koïta, dit Baba, est un « vrai businessman », comme il se définit. Ce Malien d’origine tient une boutique de ventes de matériaux électroniques dans le quartier de Viodeac, mais il possède également une petite entreprise de location de voitures qui ne constituait pas sa première rentrée d’argent.
« Honnêtement, je pouvais rester un mois sans louer un seul véhicule, avec la CAN, je parviens à louer des minis bus de 35 ou 15 places sans problèmes». En louant son bus de 35 places à 340 usd par jour et celui de 15 places à 220 usd par jour, Baba a gagné en moins d’un mois ce qu’il récolte en « presque un an de location ».
Dans le même quartier, Ignacio tient son commerce de maillots de foot. Au classement des tuniques les plus vendues, arrive celle du Nzalang, surnom de l’équipe nationale de football de la Guinée Equatoriale. «C’est incomparable, souffle le commerçant, je vends facilement dix maillots par jour, et cela n’arrête pas depuis le début de la CAN, et les bonnes performances du Nzalang. »
Ignacio vend ses maillots à 9 usd la pièce et il espère en vendre encore quelques dizaines lundi et mardi avant que les quelques touristes restant et les membres de délégations sportives ne plient bagages «Après, les choses reviendront à la normale ». Pour le plus grand regret des petits commerçants.