Nadia Chahed
31 Août 2017•Mise à jour: 31 Août 2017
AA/Tunis/Ala Hammoudi
La jeune "tenniswomen" Ons Jabeur jouit pleinement de sa vie, surtout depuis qu’elle a été classée dans le top 100 mondial des professionnelles par la Fédération Internationale de Tennis en juillet 2017 (première position dans le monde arabe et en Afrique).
Ons (22ans) affirme que ce classement pour la première fois au top "100" n’a pas été chose aisée, mais le fruit d’un travail sans relâche et d’une patience inébranlable pendant des années.
Lors d'une rencontre avec Anadolu, la star tunisienne de la balle jaune, indique que son classement au 99 éme rang parmi les professionnelles n’était pas une surprise, en raison du fait qu’elle n’a ménagé aucun effort pour l'obtenir.
La jeune sportive a ajouté que ce succès n’est qu'une première étape d’un nouvel avenir et la réalisation d'excellents résultats dans son parcours.
La joueuse qui a entamé sa carrière professionnelle en 2010 au 698e rang mondial, a connu le succès au championnat Roland Garros pour les jeunes.
Elle a pu accéder cette année au 3éme tour du championnat Grand Chelem en écartant la Slovaque Dominica Cibelkova, classée mondialement 7éme dans un match qu’elle a gagné par 2 sets à 0, succès considéré comme un exploit arabe et africain inédit.
Des sacrifices
Commentant ce succès, elle déclare :" j’ai fait beaucoup de sacrifices depuis mon jeune âge, mais j’en suis très fière. Aujourd'hui j’entame une nouvelle étape qui m’oblige à me consacrer davantage pour ma carrière et améliorer mon classement".
Elle ajoute que son rêve est, sans prétention, de passer à la première place dans le classement mondial des professionnelles, soulignant que son classement actuel la motive à rêver davantage. Un rêve déjà d'enfance.
Pour elle, son accès au club des "100" n’est qu’un message, mettant en exergue la capacité de la Tunisie de figurer dans les premiers rangs dans le domaine du sport. Mais cela nécessite un appui aux athlètes qui s'emploient pour honorer la couleur tunisienne et représenter dignement le pays.
Elle rappelle en outre l’appui et l'encadrement dont elle a bénéficiés de la part de la star du tennis Sélima Sfar (40 ans) durant les années 90 et la décennie suivante.
Sélima Sfar a été la meilleure tenniswoman dans le Monde Arabe. Elle a été classée 75éme en 2001 grâce aux entraînements, aux directives et à l'appui dont elle a bénéficiés lors des compétitions étrangères.
Évoquant les objectifs qu’elle se propose d'atteindre dans un proche avenir, Ons Jabeur précise qu’elle a dépassé la période de concentration tendant à améliorer son classement et qu’il est grand temps de participer avec tout le sérieux nécessaire aux compétitions dans le but de glaner les titres et de montrer, par là même, la constance de ses efforts depuis son enfance.
Le travail prime
Au sujet de la spécificité de ce sport qui reste l'apanage des personnes aisées, la jeune tunisienne confie qu'au début, le sportif est certes obligé de signer des contrats avec des compagnies couvrant le cours, les balles, mais aussi des contrats avec les clubs privés.
Mais en passant à l’étape professionnelle, les chances redeviennent égales et le meilleur techniquement et physiquement, est le vainqueur.
Elle ajoute que malgré l’appui dont elle bénéficie de la part des autorités de son pays, qu’il s'agisse de la Fédération Nationale de Tennis ou du Ministère de la Jeunesse et des Sports, le progrès dans le classement et la course pour les titres, nécessitent de grands moyens matériels et physiques.
Elle n’a pas manqué de souligner qu’il existe, aujourd'hui, de jeunes joueurs et joueuses talentueux et appréciant ce sport, mais qui doivent croire davantage en leurs chances et en leurs rêves. Lesquels rêves ne sauraient être réalisés sans labeur et sans application.
Ons Jebeur indique qu’elle saisit chaque occasion pour appuyer les jeunes sportifs, renforcer leur confiance en eux-mêmes, afin qu’ils dépassent à l’avenir le niveau qu'elle a atteint, tout en leur prodiguant ses précieux conseils et en leur accordant son aide quand c’est possible.
La championne précise que la Tunisie dispose de joueurs capables de percer dans un proche avenir pour représenter le pays sous une vrai image, à l’instar du champion d'Afrique Mohamed Ali Belli et la jeune Chiraz Bechri ou encore Malek El Jaziri classé 75 éme dans la liste des professionnels.
Elle conclut en souhaitant que le Monde Arabe et l'Afrique donnent de grands noms dans le domaine du tennis, sport qu’il faudrait davantage encourager et encadrer afin d'assurer sa pérennité et donner le meilleur aux jeunes générations.