Serdar Açıl,Ersin Turan,Eyüp Elevülü,Burak Alper Kuş,Tuncay Çakmak
15 Août 2017•Mise à jour: 15 Août 2017
AA - Ankara
Les putschistes présents sur la base militaire d’Akinci (près d’Ankara) lors de la tentative de coup d’état déjouée du 15 juillet 2016 en Turquie, dont le procès se poursuit à Ankara, avancent des explications de toutes sortes pour nier leur implication au coup d’état de FETO.
Depuis deux semaines, 486 personnes sont jugées pour leur rôle présumé dans la tentative de coup d’état.
Tous les suspects qui ont été entendus par le tribunal ont nié avoir voulu réaliser un coup d’état.
Des explications de toutes sortes, plus ou moins convaincantes, ont été soumises au tribunal.
"Investir dans des champs" :
Par exemple, l’ancien directeur général de la société Kaynak Kagit, Kemal Batmaz, l'un des membres civils des putschistes, a affirmé qu’il se trouvait à Akinci pour visiter des champs qu’il avait pour projet d’acquérir, avec un autre membre civil de FETO, Harun Binis.
"J’ai fait la connaissance de Binis quand j’étais dans la société Kaynak. Il savait que je m’occupais aussi de l’immobilier, il m’a dit qu’il avait une certaine somme d’argent qu’il voulait investir, il m’a demandé de l’aider", a-t-il déclaré.
Il a affirmé qu’il a été arrêté par la police le 16 juillet, au lendemain de la tentative de putsch, alors qu’il se rendait avec Binis à Akinci pour explorer des champs.
"Réaliser un documentaire" :
Un autre membre civil des putschistes, Nurettin Oruc, ancien enseignant, a avancé qu’il se trouvait dans le secteur d’Akinci "pour travailler sur la réalisation d’un documentaire sur l’élevage".
Un des points à souligner de son témoignage concerne le fait qu’il avait sur lui son passeport au moment de son arrestation.
"Je prévoyais de partir à l’étranger après mes prises vidéos", a-t-il indiqué, alors même qu’il "avait oublié son téléphone à la maison".
"Présenter une école" :
Hakan Cicek, propriétaire de l’école privée "Anafartalar Koleji" a, quant à lui, prétendu qu’il était venu à Akinci pour présenter son école lors d’une manifestation sociale "Happy Hour" dans la base militaire.
Cicek est suspecté d'être le "grand frère" FETO des cadres militaires putschistes.
"Repas d’affaires" :
Un ancien colonel chargé du personnel au sein de l’Armée de terre, Muzaffer Denizli, a affirmé avoir été invité par l’armée à un repas d’affaires qui devait avoir lieu le soir du 15 juillet dans la base d’Akinci.
"Voir ses petits-enfants" :
Akin Ozturk, un des principaux suspects dans les procès FETO, accusé d’être "le numéro 1" de la branche militaire de l’organisation terroriste, ancien membre du Conseil Supérieur Militaire, a déclaré qu’il se trouvait à Ankara dans le but de rendre visite à ses petits-enfants qui lui "manquaient terriblement". Sa fille habite dans les logements militaires de la base d’Akinci.
"Vers 21h30, J’ai accepté de passer la nuit là-bas, convaincu par mon épouse. J’ai alors permis à mon garde du corps et mon chauffeur de rentrer chez eux. Un peu plus tard, mon garde du corps m’a appelé pour m’informer qu’une attaque était en cours à l’Etat-major. Je lui ai alors demandé de revenir", a-t-il expliqué.
Ozturk s’est ensuite rendu dans la section de commandement de la base.
"J’ai été accueilli par des hommes armés et masqués devant le bâtiment. Ils m’ont encerclé et fait entré. Je me suis rendu directement aux côtés de Hulusi Akar (Chef d’état-major turc). Je lui ai demandé ce qu’il se passait. Il m’a montré les soldats présents et a indiqué qu’ils avaient entrepris un putsch. Il m’a demandé de les convaincre d’y mettre fin", a-t-il ajouté.
"Coordination des formations de pilotage" :
Un autre membre militaire de FETO, l’ancien général de division Kubilay Selcuk, a avancé qu’il se trouvait à Akinci pour une réunion de coordination des formations de pilotes.
Selcuk, normalement en congé ce jour-là, s’était présenté à son poste dans une autre base militaire d’Ankara.
"Je me suis rendu à la base d’Akinci sans prévenir personne parce que je voulais faire une surprise à mes anciens collègues", a-t-il affirmé.
Murat Kocyigit, également ancien cadre militaire, a également avancé la même explication quant à sa présence à Akinci : "je voulais faire une surprise à un ami".
"J’ai été envoyé comme représentant de l’Etat-major" :
Baris Avialan, ancien responsable au sein du département du personnel, relevant de l’état-major, a affirmé qu’il a été invité à Akinci pour représenter l’état-major, pour participer à une réunion de coordination qui allait traiter d’une éventuelle menace terroriste imminente.
"Je suis tombé dans un piège, j’ai été trompé", a-t-il affirmé.