Andaç Hongur,Selen Temizer,Sefa Mutlu,Tuncay Çakmak
14 Septembre 2018•Mise à jour: 14 Septembre 2018
AA - Istanbul - Tuncay Çakmak
Le porte-parole de la Présidence turque, Ibrahim Kalin, a déclaré que la situation à Idleb en Syrie reste très sensible et a mis en garde la communauté internationale contre les conséquences catastrophiques que pourrait engendrer une offensive sur cette région sous le contrôle de l’opposition syrienne.
Kalin a tenu une conférence de presse, vendredi à Istanbul, à l’issue d’une réunion technique des délégations turque, russe, française et allemande, pour préparer le prochain sommet qui réunira les leaders de ces quatre pays au sujet de la Syrie.
Le porte-parole a d’abord expliqué que les membres des quatre délégations ont discuté en détails de la situation générale en Syrie et en particulier sur le cas d’Idleb.
"La situation à Idleb demeure sensible, tout le monde est d'accord sur ce point. Tout le monde partage la conviction qu'une offensive sur Idleb aura des conséquences très lourdes, tant au niveau humanitaire avec un nouvel exode de masse, qu'au niveau politique avec l'effondrement des processus en cours", a-t-il déclaré.
Et d’ajouter : "La conviction commune est que la solution à Idleb ne peut être militaire mais politique", soulignant la nécessité de soutenir le processus de Genève initié par les Nations Unies, mais aussi du processus d’Astana, complémentaire, et les autres initiatives en cours.
Ibrahim Kalin s’est ensuite exprimé au futur déplacement à Sotchi en Russie du Président de la République, Recep Tayyip Erdogan, pour discuter sur Idleb avec son homologue russe Vladimir Poutine.
"Le voyage de notre président à Sotchi est très important du point de vue des initiatives qui verront le jour juste après", a-t-il dit, expliquant que cette rencontre devait avoir lieu à une date ultérieure, mais que l’actualité en Syrie a précipité.
"Notre président s’est efforcé lors du Sommet tripartite de Téhéran d’éviter une offensive contre Idleb. Notre réunion d’aujourd’hui et celle de lundi à Sotchi vont aussi dans ce sens. Nous avons 12 points d’observation à Idleb. Pour la sécurité de nos soldats qui sont là-bas et pour éviter une catastrophe humanitaire à Idleb, nous devons réussir. Notre attente consiste dans le fait que le statut actuel d'Idleb soit préservé, que les civils soient protégés et une crise humanitaire évitée."
Kalin a également assuré que la Turquie est prête à agir pour éliminer les groupes terroristes qui se sont installés dans la région d’Idleb.
"La Turquie fera évidemment ce qui est de son devoir pour éliminer les risques sécuritaires présents à Idleb, a-t-il affirmé. Mais nous ne pouvons accepter que sous ce prétexte Idleb soit bombardée et que les civils et les opposants soient ciblés. Nous savons tous quelles en seraient les conséquences."
Pour le porte-parole de la présidence turque, une éventuelle crise humanitaire qui provoquerait un exode de masse ne touchera pas seulement la Turquie mais aussi l’Europe.
"Personne ne veut que cela se produise. Nous devons trouver les mécanismes pour éviter une telle situation. Nous avons longuement discuté aujourd’hui de ces questions."
Pour finir, Ibrahim Kalin a appelé la communauté internationale à faire preuve de plus de solidarité avec la Turquie dans ses efforts pour venir en aide aux réfugiés et pour empêcher une catastrophe humanitaire à Idleb.
"Nous attendons de la communauté internationale et des leaders un soutien plus clair et net à la Turquie."