Ahmed al-Masry
17 Février 2017•Mise à jour: 17 Février 2017
AA/ Riyad
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré que le régime de Bachar al-Assad a tué un million de Syriens, soulignant qu’Ankara tente de "mettre fin à l'effusion de sang."
Erdogan a considéré que la solution à la crise syrienne est liée à la question de la lutte contre le terrorisme, et en particulier l'organisation Daech, estimant que la fin de ce groupe est proche.
Le président de la Turquie a tenu ces propos dans un entretien diffusé vendredi par la chaîne saoudienne Al-Arabiya. L’interview a été enregistrée lors de la visite d’Erdogan à Riyad, dans le cadre d’une tournée dans le Golfe entamée dimanche dernier au Bahreïn, et clôturée mercredi au Qatar.
Erdogan a affirmé qu’il est «nécessaire d’établir une zone sécurisée nettoyée du terrorisme entre Jarablus et al-Raï [dans le nord de la Syrie] », rappelant que la Turquie accueille 2,8 millions de réfugiés syriens.
Il a, par ailleurs, souligné «la nécessité d'un soutien sérieux de la part des Etats du Golfe, et à leur tête l'Arabie Saoudite, pour parvenir à la stabilité dans la région et en Syrie ».
«Le régime meurtrier d’al-Assad a tué des innocents. Le chiffre divulgué mentionne 600 mille Syriens tués. Mais le nombre [réel] est bien plus important. Les barils explosifs, les chars, et l’artillerie [du régime syrien] ont fait plus d’un millions de morts », a déclaré Erdogan.
Le président a abordé plus d’un aspect des efforts déployés par la Turquie pour résoudre la crise en Syrie, mentionnant notamment la lutte contre le terrorisme, les activités humanitaires, et la recherche d’un cessez-le-feu par des voies politiques.
Dans cette optique, Erdogan a relevé les contacts établis avec la Russie ayant abouti aux pourparlers d’Astana, [la capitale du Kazakhstan].
Il a souligné qu’en même temps, la lutte se poursuit contre le terrorisme en Syrie, notamment face à Daech.
«Nous avons déclaré la guerre à Daech quand il s’en est pris à des citoyens turcs innocents dans la ville de Gaziantep (sud), lors d’une fête de mariage. Nous avons par la suite décidé de nous rendre directement à Jarablus, (dans le nord de la Syrie) et nos forces ont apporté leur soutien à l’Armée Syrienne Libre », a-t-il ajouté.
Le président turc a cependant précisé : « Mais il n’y a pas que Daech. Nous luttons contre le terrorisme sur plusieurs fronts ». A cet égard, Erdogan a noté le combat livré par la Turquie contre les organisations terroristes PYD et YPG.
«Maintenant, nous sommes arrivés à al-Bab, et la bataille est acharnée, d'autant plus que l’opération Bouclier de l’Euphrate est toujours en cours. Je pense que cette ville sera complètement purgée de Daech d’ici quelques jours », a-t-il ajouté.
Erdogan a affirmé que de puissantes parties financières soutiennent l’organisation terroriste Daech, ainsi que des groupes tels que Boko Haram, al-Shabab, et al-Qaïda.
Il a poursuivi: «Nous savons que derrière les organisations terroristes, il y a des Etats visant à diviser et à déchirer notre région, et pas seulement de l'intérieur du monde musulman, mais de l'extérieur ».
Il a noté à cet égard que «les armes détenues par les organisations terroristes sont fabriquées en Occident. C’est avec ces armes que ces organisations font régner la terreur. Et il ne s’agit pas ici uniquement de Daech, mais aussi du PYD et des YPG ».
Le président Erdogan a considéré que la fin de Daech est proche, soulignant qu’il s’agit d’une « organisation terroriste qui n'a rien à voir avec l'islam (...) et qui vit ses derniers jours en Syrie ».
« Nous sommes déterminés à la combattre, et je crois que les forces de la coalition sont également déterminées à la combattre, ainsi que les Etats de la région, et à leur tête l'Arabie Saoudite », a-t-il affirmé.
Erdogan a conclu par une mise en garde : « si nous ne luttons pas conjointement contre le terrorisme dans la région, une catastrophe s’abattra sur nous, ainsi que sur toute la région, dans les villes du Golfe, dans notre pays, et dans d’autres Etats ».