Alp Özden,Nur Asena GÜLSOY
16 Novembre 2016•Mise à jour: 17 Novembre 2016
AA – Ankara
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a reproché, mercredi, à l'Europe l'adoption d'une "approche dépourvue de netteté" face au terrorisme.
Le chef de la diplomatie turque répondait à une question parlementaire adressée par le député du Parti d'Action nationaliste (MHP, opposition) d'Adana (sud de la Turquie), Mevlut Karakaya.
Cavusoglu a critiqué l'Europe, qui manque, selon lui, d'une "approche nette quant à la lutte antiterroriste".
«Nous observons que la plupart des pays européens n'adoptent pas l'approche qu'on attend d'eux dans la lutte contre le terrorisme internationale», a-t-il déclaré, ajoutant qu'ils "manquent également de contribution suffisante".
Le ministre turc a rappelé que le PKK et ses branches en Syrie, PYD/YPG ont saisi l'opportunité des attaques commises par Daech en Europe, pour se présenter comme étant en lutte contre cette organisation terroriste en Irak et en Syrie.
Pour Cavusoglu, le PKK, qui s'emploie à gagner la sympathie de l'Europe, a essayé d'ouvrir des représentations dans les pays de ce continent et déployé des efforts pour cacher la réalité à l'opinion publique européenne, en l'occurrence, la réalité de la purge ethnique qu'elle mène dans les zones dont il s'empare, sous prétexte de «lutte contre Daech».
Autrement dit, le PKK manipule l'inquiétude de l'Europe vis-à-vis de Daech, et essaie de légitimer ses branches syriennes, a fait remarquer Cavusoglu.
"Les démarches faites pour empêcher ces tentatives ont donné des résultats", a assuré le ministre.
Il a, à ce titre, signalé que "l'ouverture d'un bureau dans un des pays européens a été empêchée, et les activités ont été suspendues dans un autre pays", a expliqué le ministre, notant que le PKK commet d'un côté ses actes terroristes et fait du lobbying de l'autre, en vue de retirer son nom de la liste de l'Union européenne (UE) des organisations terroristes.
Cavusoglu a assuré que les missions de représentations turques à l'étranger font le nécessaire pour informer les autorités européennes et empêcher ainsi ces efforts de propagande.
"Notre ministère remarque également qu'à part la dimension militaire et politique, il faut mener une lutte au plan intellectuel", a-t-il expliqué.
Pour ce faire, "des actions sont menées conjointement avec les instituts de recherche en Europe et en Turquie, et des efforts sont fournis afin d'éclairer le public sur notre lutte contre le PKK, le FETO, Daech et les combattants étrangers", a conclu Cavusoglu.