Barış Gündoğan,Tuncay Çakmak
08 Février 2017•Mise à jour: 08 Février 2017
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le ministre turc de l’Education nationale, Ismet Yilmaz, a affirmé que si la réforme constitutionnelle qui fera l’objet d’un référendum en avril, est adoptée, la Turquie sera encore plus démocratique.
Le ministre Yilmaz était l’hôte, mercredi, des éditorialistes de l’Agence Anadolu (AA). Il a répondu aux questions relatives à l’actualité en Turquie et dans la région.
Le prochain référendum sur la réforme constitutionnelle était au centre des discussions.
"Avec la réforme constitutionnelle, le président de la République devra rendre des comptes à la justice s'il commet des crimes, alors que dans la Constitution actuelle, ce n'est pas le cas. C'est un pas vers plus de démocratie", a-t-il affirmé.
Pour Yilmaz, la réforme qui mettra en place un système de gouvernance présidentielle, mettra fin à la situation dans laquelle un parti, quel qu’il soit, qui n’a pas obtenu la majorité des suffrages mais qui arrive en tête d’une élection, se retrouve à gouverner la Turquie.
"En 2002, notre formation politique, le Parti de la Justice et du Développement (AK Parti), a obtenu 34% des suffrages, ce qui lui a permis à l’époque de gouverner seul. Mais avec la réforme, personne ne pourra gouverner s’il n’obtient pas au moins 50% des voix. Lequel est plus démocratique", a-t-il expliqué.
Selon le ministre, ce système renforcera la volonté de trouver des consensus entre les différents partis pour pouvoir atteindre la majorité à une élection présidentielle.
La réforme constitutionnelle a été voulu par l’AK Parti. Elle a été adoptée au Parlement grâce au soutien du Parti d’Action Nationaliste (MHP). Pour être définitivement adoptée, la réforme sera soumise au vote du peuple lors d'un référendum qui devrait avoir lieu en avril prochain.
"Si le président de la République signe aujourd'hui la réforme constitutionnelle (adoptée par le Parlement), le référendum aura lieu le 9 avril, mais s'il signe vendredi ou samedi, le référendum aura lieu le 16 avril", a-t-il ajouté.
Selon la législation électorale turque, le référendum doit se tenir le premier dimanche qui suit les deux mois de délai après la signature de la loi par le président de la République.
Ismet Yilmaz a également critiqué le principal parti d’opposition, le Parti Républicain du Peuple (CHP), qui affirme que cette réforme va introduire un changement de régime en Turquie.
"Le CHP, dans toute son histoire, a avancé les mêmes choses après chaque réforme. Quand la récitation de l’appel à la prière a de nouveau été effectué en arabe, ils prétendaient que le régime allait changer. Ça n’a pas été le cas. Pareil quand nous avons supprimer l’interdiction de porter le voile dans les universités. Ce parti croit que l’Etat lui appartient. Il pense que même si vous obtenez 99% des voix, vous ne pouvez pas modifier certaines choses", a-t-il dénoncé.
Ensuite, Ismet Yilmaz s’est exprimé sur les travaux de son ministère concernant le programme de l’éducation nationale.
Son ministère a lancé il y a quelques semaines une large consultation concernant les modifications à apportées au niveau du contenu.
"A ce jour, nous avons réceptionné 165 326 propositions venant des experts et des citoyens. Ces expériences sont essentielles à nos yeux. Nous allons nous en inspirer", a-t-il dit.
Il est aussi revenu sur "le cours de culture religieuse et de morale".
Il est obligatoire pour les élèves de confession musulmane, mais pas pour les Chrétiens et les Juifs.
"Nous pensons que ce cours doit rester obligatoire, pour nos élèves Alévis aussi. Mais nous allons renforcer et enrichir le cours qui va leur être proposé", a-t-il ajouté.