Haydar Karaalp
09 Juillet 2026•Mise à jour: 09 Juillet 2026
Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles Alparslan Bayraktar a annoncé que le flux de pétrole de l’Irak vers Ceyhan continuerait sans interruption.
Bayraktar a tenu une conférence de presse jeudi à Bagdad après sa rencontre avec le ministre irakien du Pétrole, Basim Muhammed Hudayyir, et le Premier ministre irakien, Ali ez-Zeydi.
« Nous discutons depuis longtemps d’un nouvel accord destiné à garantir la continuité du flux sur le pipeline Irak-Türkiye », a déclaré Bayraktar.
« L’accord actuel sur le pipeline Irak-Türkiye arrivant à expiration à la fin de ce mois, nous avons finalisé les dernières étapes d’un nouvel accord couvrant les 12 prochains mois, afin d’assurer la poursuite du processus sans aucune interruption. Nous prévoyons de signer cet accord dans les prochains jours et de le rendre public », a-t-il ajouté.
S’agissant du flux pétrolier sur le pipeline Irak-Türkiye, Bayraktar a affirmé :
« Le pétrole continuera de couler de l’Irak vers Ceyhan. »
Soulignant que les relations énergétiques entre l’Irak et la Türkiye recèlent un très fort potentiel, Bayraktar a indiqué qu’il avait abordé ce sujet avec le Premier ministre Ali ez-Zeydi et le ministre du Pétrole Basim Muhammed Hudayyir, et qu’il leur avait transmis le message du président Recep Tayyip Erdogan.
Bayraktar a rappelé que le projet de pipeline Irak-Türkiye est un projet historique vieux d’un demi-siècle, initié dans les années 1970, et que la Türkiye a maintenu ce pipeline en état de fonctionnement pendant de très nombreuses années.
Il a poursuivi en ces termes : « Malheureusement, certains événements passés et l’instabilité dans la région n’ont pas permis à ce pipeline d’être exploité à pleine capacité. Aujourd’hui, notre objectif commun est d’utiliser pleinement la capacité de cette infrastructure, voire de l’augmenter. Nous envisageons également de l’étendre jusqu’à Bassora, afin d’en faire une importante alternative pour exporter le pétrole produit à Bassora vers Ceyhan, puis vers les marchés mondiaux.
Les tensions et le conflit entre l’Iran et les États-Unis, ainsi que les incertitudes persistantes sur les marchés mondiaux depuis des années, nous imposent deux impératifs : renforcer notre interconnectivité et mettre en œuvre une stratégie de diversification. Actuellement, l’intégralité du pétrole exporté par l’Irak transite par le détroit d’Ormuz. Un éventuel blocage dans cette zone représenterait un sérieux handicap pour l’Irak, mais aussi pour le marché pétrolier mondial dans son ensemble. »
Augmentation de la capacité du pipeline à l’ordre du jour
Concernant l’augmentation de la capacité du pipeline Irak-Türkiye, Bayraktar a souligné :
« Notre objectif est d’utiliser pleinement la capacité existante. Cependant, le potentiel de la région nous incite à inclure d’autres producteurs. Si ces derniers expriment un besoin et un intérêt, il est tout à fait possible de leur ouvrir cette voie. Nous pourrions ainsi transformer ce pipeline en une infrastructure de 2,5 millions de barils par jour. Notre avantage actuel réside dans le fait que le pipeline existe déjà. Nous pouvons acheminer 1,5 million de barils sans nécessiter de gros investissements supplémentaires, et augmenter encore davantage sa capacité grâce à des investissements complémentaires. »
Interconnectivité également dans le secteur électrique
Bayraktar a également insisté sur la nécessité d’une interconnectivité électrique avec l’Irak, précisant que la ligne de transmission entre les deux pays pourrait fonctionner à pleine capacité et être renforcée par de nouvelles lignes.
Il a souligné que la Türkiye avait proposé à l’Irak de lui fournir du gaz naturel via son territoire pour alimenter les centrales existantes et celles à venir, et que les investissements du côté turc étaient déjà finalisés.
« La Türkiye dispose actuellement de gaz naturel à sa frontière. Grâce à des pipelines de gaz naturel construits depuis l’Irak, nous pourrions répondre aux besoins en gaz de ce pays dans les prochaines années. À plus long terme, nous souhaitons utiliser le même pipeline en flux inverse pour transporter du gaz naturel produit en Irak ou dans le Golfe vers la Türkiye, puis vers l’Europe », a conclu le Ministre Bayraktar.