Muhammet İkbal Arslan
13 Juin 2022•Mise à jour: 13 Juin 2022
AA / Lefkosa
Le ministre turc des Affaires étrangères a réitéré lundi le soutien de son pays à une solution à deux États à Chypre, soulignant la nécessité de lancer des pourparlers entre les deux parties en tant qu'États souverains égaux.
"S'il doit y avoir des négociations sur la question chypriote, ce sera entre deux États, pas deux communautés", a déclaré Mevlut Cavusoglu lors d'une conférence de presse conjointe dans la capitale Lefkosa, à la suite d'une rencontre avec Ersin Tatar, le président de la République turque de Chypre du Nord (RTCN).
Sur la zone côtière orientale clôturée de Maras, Cavusoglu a déclaré que l'administration chypriote grecque voulait remettre la ville sous son contrôle, "mais elle appartient au nord de Chypre".
Maras (Varosha en grec) était pratiquement devenue une ville fantôme car elle est restée coupée du monde pendant 47 ans. Une partie de la région a été rouverte en octobre 2020.
Maras a été abandonnée après une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU de 1984 qui stipulait que seuls les habitants d'origine pouvaient se réinstaller dans la ville. L'entrée était interdite, sauf pour le personnel de l'armée turque stationné en RTCN.
Les autorités turques et de la RTCN ont exhorté à plusieurs reprises les Chypriotes grecs et les autres citoyens qui possèdent des biens à Maras à s'adresser à la Commission des biens immobiliers.
Cavusoglu a déclaré que la Grèce "se livrait à la démagogie et à une rhétorique malhonnête", ajoutant qu'elle s'était avérée incapable de fournir une réponse juridique face à la position d'Ankara.
Il a également souligné que les mesures que la Türkiye et la RTCN avaient prises concernant Maras ne violent pas le droit international.
Le président Tatar, pour sa part, a condamné les récentes tentatives de la Grèce de militariser les îles de la mer Égée, juste à l'ouest de la Türkiye, qui ont un statut démilitarisé en vertu des traités internationaux, affirmant qu'il suivait les développements récents sur la question avec "préoccupation".
"La coopération entre la RTCN et la Türkiye est de la plus haute importance pour le maintien des équilibres en Méditerranée orientale", a déclaré Tatar.
S'exprimant sur les efforts en cours pour résoudre la question chypriote, Tatar a ajouté que les propositions de la partie chypriote grecque qui "dégraderaient la souveraineté de la RTCN et limiteraient son autorité sont nulles et non avenues".
* Traduit du turc par Tuncay Çakmak