AA - Ankara - Nur Gülsoy
Accepter un poste ministériel dans le futur gouvernement provisoire, c'est donner la priorité à l'avenir du pays et non pas aux intérêts personnels, a déclaré le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu.
Le chef de gouvernement a prononcé un discours lors d'une cérémonie organisée jeudi au siège de son Parti pour la Justice et le Développement (AK Parti), dans la capitale Ankara.
Davutoglu a été chargé mardi, par le président de la République, Recep Tayyip Erdogan, de former le gouvernement électoral provisoire dans un délai de cinq jours.
Il a alors adressé mercredi, des courriers individuels à plusieurs députés des partis de l’opposition, leur proposant des postes de ministres.
Le député d'Ankara du Parti d'Action Nationaliste (MHP), Tugrul Turkes a accepté le poste qui lui a été proposé. Ce qui a suscité un grand débat au sein de son parti qui a exigé la démission du député.
"Dans ses déclarations d'hier, Devlet Bahceli [chef du MHP] a dit que l'acceptation du poste ministériel [par le député MHP Tugrul Turkes], marquera l'Histoire. Mais ceux qui fuient leur responsabilité ne la marqueront-ils pas aussi? " S'est interrogé Ahmet Davutoglu qui a ajouté: "Ceux qui essaient de brider la volonté de leurs députés en les accusant d'être 'sans honneur' pour avoir accepté de faire partie du futur cabinet, altèrent plutôt l'honneur du Parlement. Chaque député mérite notre respect, même s'il ne partage pas nos opinions."
Davutoglu a rappelé que le monde connaît une crise économique, et que les acquis réalisés par la Turquie durant les treize dernières années, ainsi que sa stabilité, se trouve aujourd'hui menacés.
"Celui qui refuse un poste ministériel fuit la responsabilité et celui qui l'accepte, comme Tugrul Turkes, donne la priorité à l'avenir du pays et non pas aux intérêts personnels", a-t-il dit, déclarant encore: "Je remercie une nouvelle fois Tugrul Turkes qui a accepté le poste proposé. Malgré toute la pression, il a fait le nécessaire pour une période si critique, dans le cadre constitutionnel et l'éthique politique."
- Allégations sur la fille du président Erdogan
Le Premier ministre a aussi commenté les allégations selon lesquelles la fille du chef d'Etat, Sumeyye Erdogan, aurait été demandée en mariage par "l'Emirat islamique de Lazique", un groupe rattaché à Daech.
Davutoglu a ainsi critiqué "ceux qui parlent d'éthique politique mais ne réagissent pas aux diffamations".
"La campagne ignoble visant la fille de notre président, Sumeyye Erdogan, est un exemple remarquable d'immoralité politique", a dit Davutoglu.
Davutoglu s'est adressé à "ceux qui spéculent [sur le sort] du poste du président de la République, et de celui du Premier ministre": "Quoi que vous fassiez, vous ne pourrez jamais nuire à notre camaraderie de lutte".