Mona Saanouni
29 Octobre 2020•Mise à jour: 29 Octobre 2020
AA / Ankara
Le ministère turc des Affaires étrangères a convoqué le chargé d'affaires de la France à Ankara et a exprimé sa ferme condamnation de la Une du journal français "Charlie Hebdo" mettant en scène le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan.
Des sources diplomatiques ont déclaré à l'agence Anadolu que le département turc des Affaires étrangères a affirmé au Chargé d'Affaires français que cette atteinte odieuse aux droits personnels et aux croyances religieuses ne relève ni de la liberté de presse ni celle d'expression.
Le ministère a souligné que la Turquie s'attend à ce que les autorités françaises prennent les mesures politiques et juridiques nécessaires concernant les caricatures qui dépassent les limites de la liberté d'expression.
Par ailleurs, le ministère turc des Affaires étrangères a évoqué les actes de violence perpétrés, ces derniers jours, par certains arméniens en France, visant des citoyens turcs.
Le ministère a informé le chargé d'affaires français que la Turquie exige des autorités de son pays de prendre les mesures nécessaires dans tous les domaines, au premier rang celui de la sécurité afin de protéger les Turcs et les Musulmans en France, à la suite des récentes attaques et actes racistes dont ils étaient victimes.
Le président turc avait déclaré avoir entendu parler d'une caricature le ciblant personnellement, publiée dans un magazine qui avait déjà publié une caricature odieuse et immorale du prophète, en référence à «Charlie Hebdo».
Erdogan a ajouté qu'il n'a pas prêté attention à de telles publications immorales, ne serait ce que par curiosité, étant donné qu'elles sont dépourvues de toute morale, venant de personnes sans scrupules qui ont déjà offensé le prophète Mohamed.
Le parquet d’Ankara a déposé une plainte contre les responsables du magazine, accusés d'injures contre le président de la République, conformément aux articles 12, 13 et 299 du code pénal turc.
Au cours de ces derniers jours, des caricatures blasphématoires dégradant le prophète Mohamed ont été affichées sur les façades de certains bâtiments dans différentes régions en France.
Le 21 octobre, le président français, Emmanuel Macron a déclaré aux médias que la France n'abandonnera pas les «caricatures» " (insultant l'Islam et le prophète Mohamed), qui ont déclenché une vague de colère dans le monde islamique.
*Traduit de l'arabe par Wejden Jlassi