Enes Kaplan,Ayvaz Çolakoğlu
09 Mars 2017•Mise à jour: 10 Mars 2017
AA - Ankara - Ayvaz Colakoglu
"Tenter de lutter contre Daech en s'associant aux terroristes du PYD/YPG, émanation du PKK, reviendrait à se tirer une balle dans le pied", a déclaré, jeudi le porte-parole de la Présidence turque, Ibrahim Kalin.
Le porte-parole a annoncé, lors d'une conférence de presse, au palais présidentiel, jeudi à Ankara, que le président Erdogan se rendra en Russie demain vendredi, et participera au 6 ème sommet de coopération turco-russe.
Lors des différentes réunions, des sujets importants comme le tourisme, le transport, l'énergie, les problèmes régionaux et la question des visas seront notamment abordés.
Les dernièrs sujets en suspens seront également à l'ordre du jour, dans le cadre du processus de normalisation des relations.
"Nous prévoyons d'aboutir à une solution sur des sujets comme les visas, les transports de marchandises, les exportations et importations de produits alimentaires" a précisé Kalin.
Le porte-parole a également précisé que la situation en Syrie et en Irak, ainsi que la lutte contre le terrorisme seront abordés de manière détaillée lors de la rencontre entre le Président Erdogan et Vladimir Poutine.
En outre, Kalin a affirmé que les questions abordées lors de la réunion des chefs d'Etats-major de la Turquie, des Etats-Unis et de la Russie tenue à Antalya en milieu de semaine, pourront être réévalués en détail par les deux chefs d'Etat, à l'occasion de la visite du président Erdogan en Russie.
Il a poursuivi : "Ces trois pays importants luttent ensemble contre le terrorisme sur le terrain syrien. Etablir une coordination entre eux est vital pour ne plus revivre les accidents du passés. Ce sont les contours de cette coordination qui ont été discutés par les chefs d'Etat-major."
Kalin a également noté que le cessez-le-feu en Syrie tient bon malgré de nombreuses violations recensées sur le terrain, grâce au mécanisme tripartite mis en place par la Turquie, la Russie et l'Iran et que les négociations de paix se poursuivent sous l'égide des Nations-Unies.
"Nous menons cette lutte en coordination avec les pays alliés, et nous continuerons à le faire. Dans la lutte contre Daech, nous sommes montés en première ligne et avons nettoyé plus de 2 mille km2. Nous sommes prêts à coopérer avec nos alliés pour nettoyer les autres régions sous l'emprise de Daech, mais nous devons faire cela avec les bons acteurs et les bons groupes" a-t-il assuré.
Sur l'éventualité d'une opération à Raqqa, le porte-parole de la présidence turque Kalin a déclaré : " à cet instant, aucune décision n'a été prise sur le déroulement (comment, avec qui, et quels groupes) d'une opération sur Raqqa. Les évaluations et les concertations se poursuivent".
Il a ajouté: " Tenter de mener une lutte contre Daech en s'associant aux terroristes du PYD/YPG, émanation du PKK, reviendrait à se tirer une balle dans le pied". Nous constatons, d'une façon claire, qu'il y a aujourd'hui une autre approche au sein de l'administration américaine. D'un côté, ils disent "prenons en compte les sensibilités de la Turquie" et de l'autre ils fournissent des efforts pour la poursuite des opérations menées avec le PYD/YPG" a-t-il lancé.
Concernant l'amendement constitutionnel qui sera soumis à référendum le 16 avril, Kalin a assuré que la Turquie sera ainsi dotée d'un modèle de gouvernance plus efficace et plus rapide.
"Un des articles importants de cette réforme concerne la justice qui doit être à la fois indépendante et impartiale. Un mécanisme sera mis en place pour cela. Les juges de la haute cour de justice seront nommés par le président de la République et l'Assemblée Nationale, cela va établir et renforcer un mécanisme de contrôle et d'équilibre".
Au sujet des rapports tendus de la Turquie avec l'Europe, Kalin a fait savoir que l'ombre des partis d'extrême-droite, racistes et islamophobe, plane sur l'Europe et devient de plus en plus déterminant dans l'élaboration de sa politique. Il s'agit d'un tableau inquiétant pour l'avenir et les valeurs européennes.
"Certains pays européens, milieux, hommes politiques et médias redoublent d'effort pour empêcher la victoire du "oui" au référendum en Turquie. Le message que nous leur adressons est très clair, ne vous fatiguez pas pour rien, la décision sera prise par le peuple" a-t-il martelé.
"Si vous ne voulez pas que les problèmes politiques et les différends de la Turquie soient importés dans votre pays, alors vous devez en priorité faire cesser les activités des organisations qui agissent contre les intérêts de la Turquie", a-t-il ajouté.
Au sujet du vote en première lecture par le Parlement israélien (Knesset) de la loi interdisant les appels à la prière musulmane à certaines heures à Jérusalem, Kalin a regretté une décision malheureuse, contraire au principe de liberté de culte, "qui soulève beaucoup d'inquiétude", précisant que les Musulmans du monde entier seront profondément affectés et que leurs réactions seront claires et nettes.