Uğur Çil,Sultan Çoğalan,Meltem Bulur,Nur Asena GÜLSOY
16 Mai 2017•Mise à jour: 16 Mai 2017
AA – Ankara – Nur Gülsoy
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu a appelé les autorités américaines à extrader Fetullah Gulen, le chef de l'organisation terroriste FETO.
Le chef de la diplomatie turque a rédigé un article intitulé «Les États-Unis doivent extrader Gulen», pour la revue américaine «Foreign Policy».
Il a rappelé que la Turquie poursuit son enquête sur la tentative de coup d'État du 15 juillet 2016 qui a fait 249 victimes et plus de 2 000 blessés, en visant la démocratie, la sécurité nationale du pays ainsi que le peuple turc.
La nuit de la tentative de putsch, le Parlement, la Présidence de la République et le siège de la Police ont été bombardés, a ajouté le ministre, notant que le peuple est descendu dans la rue devant les chars, faisant preuve de détermination pour que les responsables de ces actes soient poursuivis en justice.
Les procureurs turcs ont lancé les recherches pour retrouver les auteurs de la tentative, et ont dévoilé les traces de FETO, nourri par Fetullah Gulen depuis quarante ans et organisé aux États-Unis et dans d'autres pays, a fait savoir Cavusoglu, soulignant que la tentative du 15 juillet est différente des autres coups d'État auxquels le pays a assisté dans le passé.
«Cette fois-ci, les officiers supérieurs et la grande majorité des forces armées se sont nettement opposés à la tentative de coup d'État qui cherchait à renverser le gouvernement démocratiquement élu», a précisé Cavusoglu.
Il a fait remarquer que des membres de la famille d'un des acteurs de cette tentative – qui est d'ailleurs en fuite actuellement – demeurent toujours aux États-Unis.
Notant que les informations rassemblées et transmises par la Turquie comme preuve sont suffisantes, Cavusoglu a rappelé que l'organisation terroriste basée en Pennsylvanie, est active dans plus de 160 pays.
Ainsi, le ministre a déploré que des suspects liés au réseau de Gulen continuent à opérer dans des écoles et dans le commerce aux États-Unis, tout en poursuivant leur propagande et recevant le soutien financier des administrations fédérale, fédérées et locales.
«Les pro-Gulen qui ont quitté la Turquie peuvent travailler dans ces écoles et sont même invités au Congrès américain pour renseigner les dirigeants politiques sur la Turquie et ses relations avec les États-Unis, a déclaré Cavusoglu. Tout cela parce que Gulen est maintenu en liberté.»
Le ministre turc a indiqué que le traité sur l'extradition des criminels signés en 1979 entre les deux pays, constitue la base de l'extradition de Gulen, d'où la demande faite par le ministère turc de la Justice auprès du procureur en chef des États-Unis, de la mise en détention provisoire de Gulen.
«Le gouvernement américain examine notre demande mais le temps passe, a-t-il affirmé. Le peuple turc attend à ce qu'on réponde aux questions critiques telles que la source de la fortune de Gulen, le financement de l'organisation terroriste, son lien avec les anciens policiers qui ont assassiné des journalistes ainsi qu'avec les putschistes», a poursuivi Cavusoglu.
Le ministre a précisé que la Turquie considère les États-Unis comme un allié gardien de la démocratie et de la suprématie du Droit, et qu'Ankara coopère avec Washington dans la lutte antiterroriste.
«Le peuple turc attend des autorités américaines, qu'elles prennent des mesures juridiques efficaces face ces menaces contre notre sécurité et notre démocratie, comme devrait faire chaque allié», a conclu Cavusoglu.