Nur Asena Gülsoy
14 Septembre 2020•Mise à jour: 15 Septembre 2020
AA / Ankara
"La Turquie ne recule pas en Méditerranée orientale", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu.
Le chef de la Diplomatie turque a commenté l'actualité lors d'une émission sur la chaîne NTV, lundi.
Il a rappelé que le retrait du navire Oruc Reis au large d'Antalya (province du sud de la Turquie) a été considéré par la Présidente grecque, Ekaterini Sakellaropoulou, comme un recul dans la région.
"Le navire Oruc Reis effectuait ses travaux de recherche sismique depuis un mois environ et s'est retiré au large d'Antalya pour maintenance routine, a expliqué Cavusoglu. C'est la raison pour laquelle nous n'avons pas émis un nouveau NAVTEX."
Le ministre turc a souligné qu'il ne s'agit pas d'un recul.
"La Grèce et la Turquie peuvent discuter directement mais si Athènes insiste sur les conditions préalables, nous agirons de la même façon, a-t-il ajouté. Cette tension ne prendra pas fin si la Grèce […] ne respecte pas le plateau continental de la Turquie."
Cavusoglu a rappelé que le sommet des leaders de l'Union européenne (UE) se tiendra les 24 et 25 septembre.
"Trois pays travaillent sur un projet de sanction, à savoir la France, la Grèce et l'administration chypriote grecque, a-t-il fait savoir. Mais aucun autre pays ne les soutient pour l'instant. […] Donc je n'attends pas une décision de sanction au terme du sommet, mais c'est possible. Une telle décision peut cibler notre navire, notre entreprise ou des personnes."
Pour Cavusoglu, si l'UE veut approfondir les relations avec la Turquie, elle doit non seulement résoudre le problème de la migration mais aussi les autres sujets.
Le ministre a aussi commenté l'approche de la France qui "se dit un leader, mais on ne devient pas leader en l'affirmant seulement".
Il a insisté sur le fait que l'objectif de la Turquie en Libye est d'assurer une trêve permanente et un processus politique.
"Le dialogue entre la France et le gouvernement d'entente nationale ne nous dérange pas du tout, au contraire, nous considérons cela comme un pas dans la bonne voie", a conclu Cavusoglu.
*Traduit du turc par Nur Asena Gülsoy