Ashoor Jokdar
31 Août 2018•Mise à jour: 03 Septembre 2018
AA/ Vienne
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a déclaré que son pays tente d’empêcher une éventuelle attaque contre Idleb, qui serait une catastrophe pour la Syrie.
C’est ce qu’a déclaré Cavusoglu à la presse, avant sa participation à une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l'Union Européenne, qui se tient les 30-31 août à Vienne, la capitale autrichienne.
"On craint une éventuelle attaque sur Idlib, et nous déployons des efforts pour l’éviter. Nous avons effectué une visite à Moscou avec le ministre de la Défense et le chef du renseignement, comme vous le savez", a-t-il déclaré.
Il a souligné que le ministre iranien des Affaires étrangères s'était également rendu en Turquie et qu'il y aura un sommet tripartite en Iran, similaire à celui tenu à Sotchi, en Russie.
Et d’ajouter : "Nous discutons également avec les autres parties concernées, car une telle attaque serait une catastrophe pour la Syrie et Idleb."
"Quelque 3,5 millions de civils vivent actuellement à Idleb. Il y a un groupe d'extrémistes que nous connaissons depuis le début. Ils proviennent en particulier d'Alep et d'autres régions", a-t-il noté.
Cavusoglu a souligné la nécessité de coopérer pour les neutraliser et les séparer des autres factions (opposition modérée). Cette méthode est la plus efficace et la plus saine, a relevé le ministre, notant que l’inverse entraînerait de graves problèmes humanitaires et sécuritaires pour la Syrie.
Concernant la position des Etats-Unis sur l’acquisition par la Turquie de systèmes de missiles S-400 russes, le ministre a déclaré que Washington fait pression sur tous ses alliés et dans tous les dossiers.
La manière dont la nouvelle administration américaine traite avec ses alliés et ses amis est devenue une source de préoccupation pour tout le monde, a-t-il souligné.
"La Turquie a acheté le système de défense antimissile russe S-400. Il n’y aura plus de discussions à ce sujet. La Turquie a besoin de ces systèmes de toute urgence", a ajouté Cavusoglu.
En ce qui concerne les relations turco-européennes, il a affirmé que « la Turquie fait partie de l'Europe et souhaite normaliser ses relations avec tous ».
« Cela n'est pas lié à certains développements actuels avec les États-Unis », a-t-il conclu.