Meltem Bulur,Nur Asena GÜLSOY
07 Juin 2016•Mise à jour: 08 Juin 2016
AA – Ankara – Nur Gülsoy
L'organisation terroriste YPG [Unités de protection du peuple - branche armée du Parti de l'union démocratique (PYD), lui même prolongement du PKK en Syrie] quittera l'ouest de l'Euphrate une fois la lutte contre Daech terminée, a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu.
Le chef de la diplomatie a accordé une interview à la chaîne turque TRT Haber, mardi.
Concernant les affrontements avec l'organisation terroriste Daech à l'ouest de l'Euphrate, Cavusoglu a déclaré: «Que les membres du YPG veulent fournir un soutien logistique est une chose, mais nous n'accepterons pas leur présence dans la zone, une fois que les opérations contre Daech terminées. Les États-Unis d'Amérique nous ont donné des garanties à ce sujet. Car le YPG entame une purge ethnique dans chaque endroit où il se rend.»
La lutte contre Daech nécessite une coopération et une stratégie commune sur le terrain, d'après Cavusoglu, ce qui explique le rapprochement des États-Unis et du PYD/YPG.
«Il est inacceptable qu'une organisation qui attaque la Turquie coopère avec un pays [États-Unis] qui se déclare pionnier dans la lutte antiterroriste. Nous avons exprimé notre désagrément à plusieurs occasion mais nous constatons que la coopération sur le terrain se poursuit», a dit Cavusoglu.
Interrogé sur les relations avec l'Union européenne (UE), Cavusoglu a dit que les positions de l'UE risquent d'affecter la confiance du peuple turc, notamment dans le cadre de l'accord de réadmission.
Rappelant que la Turquie a rempli 67 critères sur les 72 requis par l'UE, Cavusoglu a dit: «Nous avons signé un accord bilatéral. La Turquie a assumé sa responsabilité. Si l'UE ne met pas en œuvre la levée des visas pour les ressortissants turcs, le gouvernement turc suspendra l'accord de réadmission.»
La Turquie et l'UE coopèrent dans le domaine de la lutte contre la migration illégale.
Les deux parties avaient convenu, le 29 novembre dernier, au cours d’un Sommet à Bruxelles d’un accord portant suppression par l’Union en octobre 2016, du visa imposé aux ressortissants turcs sur l'espace Shengen, en contrepartie de la réadmission par la Turquie des migrants qui se sont rendus dans les pays de l’UE à partir de son territoire. La date de la levée du visa a été ensuite avancée au mois de juin 2016.
Ahmet Davutoglu, alors Premier ministre, avait demandé une aide financière à l'UE d'une valeur de six milliards d'euros au total.