Meltem Bulur,Nazlı Yüzbaşıoğlu
09 Février 2016•Mise à jour: 11 Février 2016
AA - Ankara
Le ministre turc des Affaires Etrangères, Mevlut Cavusoglu, a affirmé que si les opérations aériennes russes se poursuivent en Syrie, le nombre des personnes forcées à quitter leur maison pourrait dépasser plusieurs centaines de milliers.
Cavusoglu et son homologue hongrois, Peter Szijjarto, ont tenu, mardi, une conférence de presse commune à l’occasion de la visite du ministre turc à Budapest, capitale de la Hongrie.
"Les Syriens fuyaient avant les seuls massacres du régime d'al-Assad. Aujourd'hui, ils sont contraints de fuir aussi pour échapper aux attaques russes", a-t-il indiqué.
"Dernièrement, plus de 50 000 Syriens sont arrivés aux frontières turques à cause des opérations russes. La Turquie a ouvert ses portes à 10 000 d'entres eux alors que les 40 000 autres, ont été installés dans les camps situés à la frontière", a-t-il ajouté.
Cavusoglu a poursuivi: "Si ces bombardements ne cessent pas, ce nombre pourrait s'élever à des centaines de milliers de personnes et même dépasser le million"
"Seulement 12% des attaques russes en Syrie sont dirigés vers l'organisation terroriste Daech. Le reste cible les opposants" a-t-il tenu à préciser.
Cavusoglu a appelé la Russie à cesser ses bombardements pour ne pas aggraver la crise en Syrie.
Après avoir rappelé que Daech figure sur la liste des organisations terroristes de la Turquie, des Etats-Unis et de l’Union Européenne, Cavusoglu a déclaré: "L’organisation terroriste Daech est radicale mais le PYD [la branche syrienne du PKK] vient d’une idéologie léniniste, marxiste, alors il doit être considéré comme "bon". Est-il possible d’accepter une telle logique? Les deux sont des organisations terroristes. Vous ne pouvez pas dire que l’un est meilleur que l’autre. Certains partis gauchistes en Europe tentent de supprimer le PKK de leur liste de terroristes parce qu’ils partagent la même idéologie. Est-t-il possible de lutter ainsi contre le terrorisme?", s’est-t-il interrogé.
"Nous avons clairement envoyé aux Américains, à nos amis, à Biden, des documents prouvant la coopération entre le PKK et le PYD […]. Vous incluez une organisation [le PKK] dans votre liste de terroristes, mais vous refusez de reconnaître comme telle, une autre [ le PYD] qui lui est liée",a-t-il indiqué.
Cavusoglu qualifie d'«approche déraisonnable» le refus de reconnaître le PYD comme une organisation terroriste par certains pays alors que l’ensemble des pays de la région le reconnaissent ainsi.
"C’est pourquoi les pays amis et alliés de la Turquie doivent préciser si ce sont "les organisations terroristes" ou la Turquie, qui sont leurs alliés contre Daech et en Syrie," a-t-il ajouté.
Pour sa part, Szijjarto, a indiqué que les problèmes régionaux, qui sont à l’origine de la crise des réfugiés, s’approfondissent de jour en jour.
"Concernant la crise des réfugiés, la Turquie fait des pas honorables. Nous encourageons ses efforts. Il faut que la Turquie et l’Union Européenne s’accordent à ce sujet", a-t-il dit.