Meltem Bulur,Ayşe Betül Gedikoğlu
22 Février 2016•Mise à jour: 23 Février 2016
AA/Ankara
Le ministre turc des Affaires Etrangères, Mevlut Cavusoglu, a affirmé qu'aucune opération terrestre en collaboration avec l'Arabie Saoudite n'est prévue en Syrie.
Cavusoglu et son homologue italien, Paolo Gentiloni, ont tenu, lundi, une conférence de presse commune après une réunion au ministère turc des Affaires étrangères durant laquelle ils ont traité de questions régionales, telles que la Syrie, l’Irak et la Libye ainsi que des relations bilatérales.
En réponse à une question : "Est ce que la Turquie et l’Arabie Saoudite prévoient une opération terrestre en Syrie?", Cavusoglu a répliqué que la questions cache de réelles manipulations.
Il a rappelé qu’une coalition internationale, regroupant 65 pays, a été formée dans le cadre de la lutte contre Daech, et ajouté: "Au lieu de nous appuyer sur des organisations terroristes [YPG] pour lutter contre Daech sur le terrain, nous pouvons très bien lutter contre ce genre d’organisations terroristes avec ces 65 pays. Une opération terrestre commune avec l’Arabie Saoudite, n’est pas d’actualité."
A une autre question sur l'évolution des relations avec les Etats-Unis au sujet du YPG , Cavusoglu a rétorqué : "John Kerry [Secrétaire d'Etat américain], m’avait affirmé, lors d’un entretien téléphonique, que le YPG n’est pas digne de confiance, et qu’il fallait donc faire quelque chose dans la lutte contre Daech."
Cavusoglu a poursuivi: "J’espère que l’ensemble des institutions aux Etats-Unis admettront cette réalité et les idées divergentes à ce sujet disparaîtront."
"Dernièrement, notre premier ministre [Ahmet Davutoglu] a partagé les informations démontrant que le YPG est à l’origine de l’attentat terroriste d’Ankara. Nous avons des preuves. C’est pourquoi, le PKK, le YPG sont des organisations terroristes", a-t-il dit.
Cavusoglu a notamment indiqué que le tableau en Syrie est à l’image de l’attitude de certains pays qui, sous prétexte de combattre une organisation terroriste [Daech], font confiance à une autre autre organisation terroriste [YPG].
Pour sa part, le chef de la diplomatie italienne, Gentiloni, a affirmé que les paroles de Cavusoglu étaient très claires, et qu’il ne fallait pas attendre une position différente de l’Italie.
Par ailleurs, au sujet du gouvernement de consensus nationale en Libye, Gentiloni a indiqué : «Nous reconnaissons le soutien que la Turquie fournit à ce sujet. Nous considérons que le gouvernement de consensus doit être installé à Tripoli et nous pouvons coopérer avec la Turquie pour cela.»