AA - Ankara
Le ministre turc de la Culture et du Tourisme, Yalcin Topcu, a dénoncé jeudi, le soutien de pays étrangers à l'organisation terroriste PKK , lors d'une déclaration à l’Agence Anadolu, jeudi, au sujet de la lutte contre le terrorisme.
«Ceux qui n’ont pas digéré nos victoires à Malazgirt, à Jérusalem ou à Canakkale veulent mettre hors-jeu la Turquie dans leur projet de remodeler le Moyen-Orient, a-t-il dit. Ils se servent de l’organisation terroriste PKK contre nous. Nos frères kurdes étaient à nos côtés dans toutes ces grandes guerres. Ils le seront encore une fois sous notre drapeau dans notre lutte contre les terroristes. Ce n’est pas une guerre entre Kurdes et Turcs.»
Topcu a expliqué qu’il est naturel que la population soit en colère en raison des morts et martyrs victimes du PKK, ajoutant que les citoyens ne cèderont pas aux provocations visant à diviser la Turquie.
«Nous avons constaté qu’avec l’attentat de Suruc, plusieurs parties ont déclaré la guerre à notre pays, a-t-il poursuivi. Des organisations terroristes, installées à nos frontières dans le nord de la Syrie et de l’Irak mènent des attaques contre notre peuple et notre Etat. Des milieux étrangers apportent un soutien logistique au PKK, ils l’informent sur les mouvements de nos troupes. C’est ainsi que l’attaque de Daglica a été réalisée. Malgré cet apport en renseignements depuis 35 à 40 ans et malgré de nombreuses pertes, ils n’ont pas réussi à obtenir ce qu’ils voulaient, c’est-à-dire provoquer des affrontements entre Turcs et Kurdes.»
Selon le ministre, la lutte contre le terrorisme doit se faire de deux manières.
«D’un côté nous devons mener une lutte déterminée contre tous ceux qui visent notre sécurité et l'ordre public, et de l’autre, nous devons mettre en œuvre les politiques et les réformes qui nous permettront d’atteindre et de dépasser le niveau des grandes démocraties. Nous allons élever le degré de prospérité de tous nos citoyens, et s'il le faut, nous allons faire de la discrimination positive pour que les citoyens de cette région [est et sud-est de la Turquie] rattrapent le retard de développement par rapport au reste du pays. Cette approche nous allons également la développer pour l’ensemble de la région, car les yeux de Jérusalem ou de Tunis sont sur nous.»
Le ministre Topcu a par ailleurs sévèrement critiqué les ministres appartenant au Parti Démocratique des Peuples (HDP), en revenant sur la polémique qui avait suivi ses propos estimant que ces ministres devaient être renvoyés du gouvernement.
Une délégation du HDP, dans laquelle se trouvaient les deux ministres issus de ce parti, a tenté de rejoindre, la ville de Cizre alors qu’un couvre-feu était en vigueur. Dénonçant cela, Topcu avait estimé que les deux ministres devaient être exclus du gouvernement. Les dirigeants du HDP avaient rétorqué que Topcu n’est pas un élu mais un nommé.
«Etre élu ne signifie pas que vous devez vous positionner aux côtés des terroristes, a-t-il déclaré. Cela ne vous donne pas le droit de soutenir ceux qui veulent combattre la Turquie. Ces élus n’ont pas fait un serment au parlement dans lequel il est écrit qu’ils doivent soutenir les séparatistes. Pourquoi ces élus s’opposent à nos policiers, à nos forces de sécurité. Pourquoi ne se mettent-ils contre les terroristes. Pourquoi ne portent-ils pas de foulards sur le visage et de jupes à la taille pour s’opposer au PKK. Sont-ils capables de dire 'Stop' à ceux qui tuent nos soldats et nos policiers. Oui je défends l’idée que ces élus doivent être expulsés du gouvernement. Devant le regard de notre population toute entière, ils soutiennent ouvertement les terroristes. La seule différence est qu’ils n’ont pas d’armes dans les mains.»
Topcu a également critiqué le comportement des pays européens face au PKK, pourtant considéré comme organisation terroriste par l’Union européenne.
«Certains pays qui se disent nos amis cherchent à faire tomber la Turquie socialement et économiquement dans le cadre de leur projet visant à remodeler notre région, berceau des civilisations, a-t-il expliqué. Dans cette optique, ils ont revitalisé l’organisation terroriste, ils lui ont donné un nouveau souffle et un soutien logistique. Si vous regardez bien, les terroristes ne tuent pas nos soldats ou nos policiers dans des affrontements. Grâce aux renseignements qu’ils obtiennent de l’étranger sur les mouvements de nos troupes, ils réalisent des embuscades, comme ça été le cas à Daglica.»
Le ministre Topcu a indiqué que le secteur du tourisme est naturellement touché par la multiplication des actes terroristes en Turquie.
«Les sites qui ont été endommagés vont être rapidement restaurés, a-t-il poursuivi. Nous avons enregistré une baisse de 0,038% dans l’activité touristique, le nombre de touristes et les revenus du secteur. Ce n’est pas en soi une perte incorrigible. Nous prenons les mesures nécessaires pour corriger cette tendance. Mais cette baisse n’est pas seulement due au terrorisme. La crise mondiale pèse, d’autres pays enregistrent les mêmes pertes, c’est le cas de l’Espagne par exemple. Mais heureusement nous avons des personnes et des responsables qualifiés dans ce secteur. Comme pour le reste de l’économie, notre pays est l’un des rares à bien résisté à la crise.»
D’après les informations fournies par Yalcin Topcu, entre janvier et juillet 2015, plus de 20 millions de touristes étrangers sont venus en Turquie.
Plus de 12 milliards de dollars ont été engendrés par cette activité.
Enfin, Topcu a critiqué la politique des pays de l’UE face à la crise des réfugiés.
«Nos amis européens n’ont pas voulu entendre les avertissements de la Turquie, a-t-il indiqué. Ils pensaient que le chaos qui règne en Syrie n’aurait pas d’influence sur eux. Ils pensaient que les mers et les montagnes allaient les protéger. Aujourd’hui, tout le monde s’accorde à dire que nous avions raison.»