Kadir Karakuş
11 Novembre 2015•Mise à jour: 12 Novembre 2015
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré que «ceux qui prétextent le terrorisme pour avancer en Syrie se rendront très vite compte qu’ils se trompent».
Le Président turc s’exprimait, mercredi, lors de la réunion des ministres et des ambassadeurs du Conseil pour les Relations Economiques Externes (DEIK), à Ankara.
«Nous sommes tous les jours confrontés à cette crise en Syrie, alors que de nombreux pays la suivent par médias interposés ou sur papier, a-t-il affirmé. Nos déclarations ne sont ni politiques ni diplomatiques, nous exprimons juste la réalité. Ceux qui jettent de l'huile sur le feu en Syrie ne pourront échapper à cet incendie. C’est un avertissement amical fait avec sincérité».
«On ne peut pas parler d'humanisme quand le monde entier a laissé faire le massacre de plus de 370 000 personnes en Syrie», a-t-il encore dit, affirmant que «les institutions internationales qui privilégient les intérêts plutôt que l'humain n'ont plus de légitimité dans le coeur des gens. Le sang de tous ces morts en Syrie a entaché les mains de toutes ces institutions».
Erdogan a, en outre, sévèrement critiqué l’approche de la communauté internationale face à la crise humaine en Syrie, dénonçant leur passivité. «Ils sont seulement secoué quand [les corps] des 'petits Aylan' s’échouent sur des plages», a-t-il dénoncé.
«Il y a beaucoup d’autres Aylan que nous ne voyons pas, a-t-il poursuivi. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies n’est pas représentatif de l’ensemble de la planète. Cinq pays décident de l’avenir du monde. Ce n’est plus acceptable.»
Le Président Erdogan a expliqué que la Turquie, qui préside cette année le G20, a souhaité inclure les crises régionales, syriennes et irakiennes, dans les débats, affirmant que celles-ci ont des conséquences importantes sur les économies.
Pour le chef de l’Etat turc, le G20 peut être une institution clé dans la résolution de problèmes politiques et économiques mondiaux ou régionaux, grâce à sa composition large et diversifiée.
«Il est impensable de traiter les questions économiques sans la politique, le social ou la sécurité», a-t-il notamment expliqué.
«Une économie ne peut se développer et les investissements ne peuvent se réaliser si la sécurité n’est pas au rendez-vous », a-t-il dit, avançant l’exemple du Sud-est de la Turquie, victime de la violence des terroristes du PKK.
Le Président Erdogan a réaffirmé que la Turquie poursuivra sa lutte contre toute forme de terrorisme "jusqu’au bout".