Barış Gündoğan
20 Janvier 2016•Mise à jour: 20 Janvier 2016
AA - Ankara
Pour le vice-Premier ministre turc, Yalcin Akdogan, Daech est devenu l'instrument que chacun utilise dans la région pour redéfinir les frontières et les champs d’action.
Akdogan s’est exprimé, mercredi, devant les éditorialistes de l’Agence Anadolu, commentant l’actualité de la Turquie et de la région.
"Sous le masque de lutte contre Daech, une bataille de contrôle politique est menée dans la région, a-t-il affirmé. Comme une clé anglaise, Daech ouvre toutes les portes. C'est devenu un instrument utilisé tant pour définir la politique que pour remodeler les frontières."
Pour Akdogan, la Syrie est le théâtre d’une lutte entre de nombreux pays de la région et du monde pour élargir ou préserver leurs champs d’action, ajoutant que la question humanitaire est totalement ignorée.
«La Turquie travaille sur une feuille de route en faveur des réfugiés syriens installés dans notre pays. Ce n’est plus seulement une question d’accueil. 150 000 bébés sont nés en Turquie. Nous devons préparer leur avenir», a expliqué le vice-Premier ministre.
Le gouvernement turc prépare des mesures en faveur des réfugiés syriens, dont la principale est de leur offrir un permis de travail.
Le vice-Premier ministre a rappelé aussi que la Turquie vient en aide à toutes les victimes des conflits syrien et irakien sans exception.
«Nous ne faisons aucune distinction entre Turkmènes, Arabes, Kurdes ou Yézidis. Dans les camps que nous avons construits dans le nord de l’Irak pour les Turkmènes, nous accueillons aussi les Arabes et les Yézidis», a-t-il affirmé
Akdogan a dénoncé, par ailleurs, les bombardements russes dans la région de Bayirbucak.
«Mais qui frappent-ils? Il n’y a ni Daech ni une autre organisation terroriste dans cette région. Les frappes russes touchent les civils, les Turkmènes», a-t-il lancé.
Selon Akdogan, le pays qui lutte les plus activement et efficacement contre Daech est la Turquie.
Akdogan est, par ailleurs, revenu sur la lutte contre le PKK dans les régions de l’est et du sud-est de la Turquie.
Il a d’abord affirmé que le PKK, en très grande difficulté dans le nord de l’Irak et dans les zones rurales, s’est orienté vers les villes pour prendre en otage les habitants et utiliser les civils comme boucliers humains.
«Ils voulaient mettre face à face les habitants et les forces de sécurité. Mais nos forces de l’ordre mènent leurs opérations avec beaucoup d’attention pour ne pas toucher les civils», a-t-il soutenu.
"Nos citoyens savent que d'un côté, il y a l'Etat, qui construit écoles et hôpitaux et défend ses citoyens; et de l'autre, il y a une organisation terroriste qui détruit et bombarde ces écoles et hôpitaux et rend la vie quotidienne des habitants extrêmement difficile. Le PKK est la mort, l'Etat c'est l'espoir", a-t-il ajouté.
Akdogan a indiqué que le gouvernement prépare un certain nombre de mesures pour la restauration et le retour à la normale dans les villes les plus touchées par le terrorisme.
A une question concernant d’éventuelles tractations avec le PKK, le vice-Premier ministre a été très clair :
"Il n'est absolument pas question de rencontre ni avec Imrali [prison où Ocalan est détenu] ni avec le PKK", a-t-il dit.