AA - Ankara - Nur Gülsoy
Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a critiqué les propos du président du Parti républicain du peuple (CHP) de l'opposition, Kemal Kilicdaroglu, sur les réfugiés syriens en Turquie.
Le chef du gouvernement a accordé une interview conjointe aux chaînes de télévision Kanal 7 et Ulke TV, mercredi dans le Palais d'Ishak Pacha, à Agri, ville de l'est de la Turquie.
Kilicdaroglu a critiqué, dans le cadre de sa campagne électorale, le gouvernement du Parti pour la Justice et le Développement (AK Parti) pour avoir pris à sa charge le fardeau des réfugiés syriens, en négligeant, cependant, les chômeurs et les retraités turcs.
Durant l'interview, Davutoglu a estimé que les propos de Kilicdaroglu relèvent du racisme: "C'est du racisme. Il n'y a aucune différence entre le langage utilisé par le mouvement PEGIDA contre les musulmans en Europe, et celui de Kilicdaroglu contre les réfugiés syriens. Monsieur Kemal, ces réfugiés seront tués s'ils retournent [en Syrie]."
Le Premier ministre a insisté que tous les peuples, arabes, kurdes, turkmènes, ainsi que les musulmans sunnites sont frères, sans aucune distinction.
"Si Kilicdaroglu dit à son propre peuple que 'les Syriens volent votre travail ou votre pain', c'est de la provocation, du racisme", a insisté Davutoglu.
- Le rôle de la présidence turque des Affaires religieuses
Interrogé sur le rôle de la présidence des Affaires religieuses et sur les affirmations du co-président du Parti démocratique des peuples (HDP) de l'opposition, Selahattin Demirtas, qui souhaite voir sa dissolution, Davutoglu a déclaré: "l'attaque contre la présidence n'est pas une coïncidence, ce n'est pas uniquement en lien avec les élections [législatives du 7 juin prochain]. Alors que nous attribuons à la présidence une mission si importante, certains l'attaquent, et nous ciblent, en effet. C'est une attaque contre la voix de la logique en Turquie, dans un contexte de tension, où l'Islam est amalgamé au terrorisme."