AA – Ankara – Naz Altinsoy – Bilal Müftüoglu
"Ahmet Davutoglu est notre candidat à la présidence du parti (Parti pour la Justice et le Développement – AKP)" a annoncé le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, à l’issu de la réunion du Conseil central de gestion (MYK) de l’AKP.
Né le 26 février 1959 à Konya (Anatolie centrale), le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davtoglu a suivi un double cursus sciences politiques-économie, à la faculté d’économie et de gestion l’Université de Bogazici (Istanbul). Il a poursuivi ses études en faisant un doctorat sur les sciences politiques et les relations internationales dans la même université.
En 1990, Davutoglu a été embauché par l’Université internationale de l’Islam en Malaise en tant que maitre de conférence, où il a fondé le département sciences politiques, qu’il a présidé jusqu’en 1993.
De retour en Turquie en 1995, Davutoglu a poursuivi sa carrière académique pour acquérir le titre de professeur en 1994. Pendant le 58ème gouvernement présidé par le Premier ministre de l’époque Abdullah Gül, il a occupé la fonction de conseiller principal du Premier ministre.
Le public a connu Ahmet Davutoglu pour la première fois avec son ouvrage intitulé « Profondeur stratégique » qu’il a publié en 2001. Dans ce livre, le nouveau candidat de l’AKP à la présidence du parti affirme que la Turquie doit surpasser ses contradictions historiques, spatiales et identitaires pour devenir un pays "écouté" sur la scène internationale.
Le 1er mai 2009, Davutoglu a prêté serment devant l’Assemblée nationale turque pour devenir ministre des Affaires étrangères. Cette période a été le début de "l’effet Davutoglu" qui consiste en un changement radical de la politique étrangère turque.
Dans un article qu’il a rédigé pour le journal Foreign Policy, Davutoglu indique que la nouvelle politique étrangère de la Turquie avance sur cinq principes : "l’équilibre démocratie-sécurité", "zéro problème avec les voisins", "diplomatie proactive et préventive", "politique étrangère multidimensionnelle" et "diplomatie rythmique".
Davutoglu propose la notion "politique étrangère proactive" comme alternative à la "diplomatie réactive" qui consiste à réagir face aux faits, alors qu’il faut plutôt "prendre les précautions nécessaires avant l’éclatement de la crise" selon lui.
Avec le concept d’une "diplomatie rythmique", Davutoglu vise une diplomatie plus active de la part de la Turquie, faisant partie de la majorité des organisations internationales, du Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), de l’Association des nations de l’Asie du sud-est à l’Union Africaine.
Dans le cadre d’une politique proactive, la Turquie a fait des efforts pour résoudre par le dialogue, les conflits entre sunnites et chiites, Serbes et Bosniaques ou encore ceux entre l’Afghanistan et le Pakistan. Outre des efforts de dialogue, la Turquie a poursuivi ses activités diplomatiques au sein de l ‘Alliance des Civilisations et le Forum global contre le terrorisme.
D’après les données du Ministère des Affaires étrangères, le nombre des représentations de la Turquie à l’étranger a atteint 221 en 2013, contre 163 en 2002, incluant 129 ambassades, 80 consulats, 11 représentations permanentes et 1 bureau de commerce. Le statut de plusieurs représentations en Afrique a été remonté au niveau d’ambassade. La Turquie est ainsi devenue le septième pays le plus représenté à l’étranger tandis que le nombre des représentations des pays étrangers en Turquie a atteint 237. Finalement, Istanbul est devenue la deuxième ville au monde après New York accueillant le plus grand nombre d'ambassades.
La Turquie a vu ses aides aux pays étrangers augmenter durant le passage de Davutoglu à la tête de la diplomatie, lui qui a toujours insisté sur la ‘’diplomatie de conscience’’ ainsi que sur le ‘’pouvoir vertueux’’. Cette vision de la diplomatie a permis à la Turquie de passer la barre du milliard en terme d’aide humanitaire. Elle est ainsi devenu le quatrième pays donateur après les Etats-Unis, l’Union européenne (UE) et la Grande Bretagne.
Le budget de l’aide humanitaire a connu des records au cours des trois dernières années, à telle enseigne que le Programme alimentaire mondial a qualifié la Turquie de ‘’donateur en croissance’’. Le pays accueillera également le sommet mondial de l’aide humanitaire qui sera organisé pour la première fois par les Nations Unies (ONU) en 2016.
Classé septième parmi les ‘’100 intellectuels les plus influents’’ selon la liste de Foreign Policy publiée en 2010, Davutoglu a été nommé ‘’le cerveau derrière le réveil global de la Turquie’’. Le magazine Time a également compté Davutoglu parmi les 100 personnes les plus influentes au monde en 2012.
Dans son livre ‘Hard Choices’ (Décisions difficiles), l'ancien chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, décrit Davutoglu comme une personnalité qui a apporté de la passion et de la sagesse à sa fonction.
Auteur de plusieurs articles et livres sur la politique étrangère, les relations internationales, les sciences politiques et l’histoire, Davutoglu parle anglais, allemand et arabe.
Marié à Sare Davutoglu, Ahmet Davutoglu a quatre enfants; Sefure, Meymune, Mehmet et Hacer Bike.