AA - Ankara - Nur Asena Gülsoy
Le ministre des Affaires étrangères turc a répondu aux questions posées sur l'actualité de son pays, après son discours d'inauguration de la réunion du Groupe des amis de l'Alliance des civilisations à New-York le 2 avril, à l'occasion de sa visite aux Etats-Unis pour trouver de l'appui à la candidature de la Turquie au Conseil de Sécurité des Nations Unies.
Ahmet Davutoğlu a indiqué que parmi les principes de la normalisation des relations entre la Turquie et Israël se trouvaient "l'excuse" présentée l'an dernier, la progression sur le sujet d'indemnité et la réouverture à la négociation de la levée de l'embargo sur la Palestine.
Davutoğlu a précisé que la Turquie ne menait pas de politique en vue de restreindre la liberté de communiquer via Twitter et Youtube. Après avoir souligné que Twitter exécutait les décisions de justice pour d'autres pays, le ministre turc a déclaré : "La Turquie a un processus interne, dans le respect de son propre système judiciaire. La décision de notre Cour Constitutionnelle est une décision juridique. Elle est à évaluer. (...)Mais une entreprise internationale étrangère est obligée de respecter notre système judiciaire interne."
Davutoğlu a affirmé qu'en cas d'écoute illégale concernant la sécurité nationale, chaque pays prenait ses propres mesures.
Il s'est aussi exprimé sur les derniers événements avec la Syrie, en rappelant que les faits en Syrie avaient largement dépassé le cadre d'une guerre, et que la guerre avait ses règles, et que le régime syrien avait commis un crime contre l'humanité, ainsi que des crimes de guerre, en utilisant les moyens les plus cruels que l'histoire avait connu.
"Des centaines de milliers de personnes ont été tuées, des millions ont dû se réfugier. La frontière de la Turquie a été violée plusieurs fois. Notre Premier ministre a voulu éclaircir ce tableau humanitaire, et les Forces Armées turques ont abattu un avion de combat syrien qui ne respectait pas les règles d'engagement bilatéral il y a trois semaines. C'est un sujet que nous devons suivre de près", a-t-il affirmé.
Rappelant que le territoire du mausolée du Shah Soliman, situé à Alep, appartenait à la Turquie dans le cadre de la Constitution turque de 1921, Davutoğlu a signalé qu'une intervention dans cet endroit donnerait suite à une réplique, dans le but de protéger le territoire et les citoyens turcs.
Il a ajouté que les Arméniens victimes de conflits dans les villages frontaliers avec la Syrie pouvaient se réfugier en Turquie, qu'ils y étaient les bienvenus et que la Turquie était prête à leur fournir l'aide nécessaire, sans distinction ethnique, religieuse ni sectaire.
Selon Davutoğlu, la paix va de paire avec le développement durable, l'un ne peut exister qu'avec le soutien de l'autre. "Seules les sociétés pacifistes et stables peuvent vivre en prospérité", a-t-il déclaré, en ajoutant que les violences et les conflits dans le monde étaient un obstacle à l'achèvement des "Objectifs du millénaire" pour le développement, fixés par les Nations-Unies.
Le ministre turc a indiqué que la Turquie avait fourni une aide d'environ 3,5 milliards de dollars au développement mondial en 2012, dont 2,5 milliards avaient été donnés par des organes officiels. Davutoğlu a exprimé son bonheur au regard de la contribution faite par la Turquie à la tendance du développement mondial, grâce à son commerce, à ses investissements et à son apport dans le domaine de l'aide humanitaire.