AA - Agri (Turquie) - Tuncay Çakmak
Le co-président du Parti Démocratique des Peuples (HDP), Selahattin Demirtas, a dénoncé, lundi, les provocations et les "lynchages" auxquels son parti serait confronté depuis le lancement de la campagne électoral des législatives du 7 juin dernier.
Demirtas s’est exprimé devant les sympathisants de son parti dans le district de Diyadin à Agri (Est).
«Partout où nous avons fait des appels pour la paix et pour la fin de la violence, nous avons été confrontés à des tentatives de lynchages, a-t-il affirmé. Nous avons beaucoup œuvré pour que les gens ne meurent plus dans notre pays, pour que les policiers et les soldats ne meurent plus. Nous ne voulons plus que les familles pleurent leurs enfants morts, du PKK ou des civils, sans distinction.»
D'après Demirtas, depuis le 11 avril et le lancement de la campagne des élections du 7 juin, le HDP est la cible de provocations.
«Ils ont tout tenté pour que le HDP ne passe pas le seuil électoral de 10%, a-t-il affirmé. Ils ont pensé que nous allions nous taire. Vouloir la paix demande du courage. Si les dirigeants à Ankara l’étaient un tant soit peu, nous n'aurions pas pleuré tant de morts. Nous appelons tous les jours à la fin des violences. Nous devons retourner à la table des discussions au plus vite. Plus nous éviterons de nouveaux morts, mieux ce sera pour l’avenir de notre pays.»
Le co-Président du HDP a affirmé qu’à aucun moment il n’a, lui ou son parti, appelé les jeunes à prendre les armes.
«Nous n’attendons rien des armes, a-t-il déclaré. Nous avons été élus pour que les jeunes ne meurent plus dans ce pays. Si quelqu’un doit mourir pour cela, nous sommes prêts à le faire.»
Demirtas a une nouvelle fois appelé le gouvernement à donner plus de pouvoir aux élus locaux, prônant d’une certaine manière «une autonomie» au niveau local.