Fikriye Susam Uyar,Sefa Mutlu
11 Décembre 2015•Mise à jour: 12 Décembre 2015
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a dénoncé la position du gouvernement irakien face à la présence de soldats turcs près de Mossoul.
Erdogan a tenu une conférence de presse, vendredi, avant son départ pour une visite officielle au Turkménistan.
Il a rappelé que "plusieurs pays font des opérations en Irak" et que la Turquie ne ressemble à aucun d'eux .
«L'Irak est un pays où de nombreuses organisations terroristes, surtout Daech, se promènent, et menacent la Turquie", a-t-il déclaré, avant d’ajouter: "Si le gouvernement central irakien ne peut pas prendre les mesures nécessaires pour arrêter d'éventuelles attaques terroristes contre notre pays, nous les prendrons nous-mêmes."
Le Président a expliqué que les émissaires du gouvernement, le Sous-secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Feridun Sinirlioglu et le Chef du Renseignement (MIT), Hakan Fidan, ont été envoyés à Bagdad pour y rencontrer les autorités irakiennes.
"Nous allons poursuivre notre programme de formation à Mossoul, mais allons le faire en concertation avec les autorités irakiennes, a-t-il poursuivi. Il ne s'agit en aucun cas question du retrait de nos soldats. Nous devons aussi assurer la protection de nos instructeurs. Et le nombre de soldats turcs [en Irak] a été exagéré, il est beaucoup moins important."
Le Président Erdogan a également dénoncé la réaction de Bagdad à ce sujet.
"Le gouvernement de Bagdad n'a pas été en mesure de s'opposer à Daech et a demandé le soutien de la Turquie pour la formation des combattants, il nous y a invité", a-t-il rappelé tout en interrogeant: "Cette mission de formation a débuté en 2014, pourquoi ces réactions aujourd'hui?"
Par ailleurs, le chef de l’Etat est revenu sur la question de la lutte contre le PKK, commentant l’établissement d’un couvre-feu dans certains secteurs de la ville de Gaziantep (Sud-est).
«Cette décision a été prise à cause de la fragilité de la région" et elle "sera, pour l'instant, en vigueur pendant quinze jours", a-t-il annoncé.
Le président turc s’est aussi félicité des très bonnes relations entre la Turquie et le Turkménistan, «pays ami et frère».
«Je me rends à Achgabat dans le cadre des festivités célébrants le 20ème anniversaire de l’indépendance du Turkménistan», a-t-il dit.
«Je vais participer à une conférence internationale sur le thème de la Paix, la Sécurité et le développement», a-t-il poursuivi.
Erdogan a expliqué que les relations entre les deux pays sont «parfaites», avant d’ajouter que cette visite a pour but de renforcer davantage ces relations et de développer de nouveaux champs de coopération, notamment dans les domaines de l’énergie, du transport, de l’éducation et de la culture.