Mehmet Tosun,Tuncay Çakmak
18 Décembre 2017•Mise à jour: 18 Décembre 2017
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, s’est félicité de la politique d’accueil de la Turquie vis-à-vis des migrants et des réfugiés, soulignant que la Turquie a la tête haute, contrairement aux pays qui se disent développés.
Le Chef de l’Etat s’est exprimé, lundi à Ankara, à l’occasion de la journée Mondiale des Migrants.
Erdogan a d’abord longuement expliqué pourquoi il est indispensable d’avoir une approche humaine et solidaire avec celles et ceux qui doivent, pour une raison ou pour une autre, migrer ou fuir leur pays.
Mais il a ensuite très sévèrement condamné les politiques en terme de migration des pays européens et occidentaux, attirant l’attention sur les idéologies racistes qui ne cessent de gagner du terrain dans ces pays.
"Une société qui confisque l’argent des migrants qui entrent dans leurs territoires et qui kidnappent même leurs enfants, n’ont plus rien à prétendre au nom de l’Humanité. Certains ministres européens, lors de discussions à huis clos, osent même de parler de tous les jeter à l’eau", a-t-il dénoncé.
Le Président turc est revenu sur les catastrophes humaines rencontrées en Méditerranée ou en Mer Egée alors que des migrants cherchaient à regagner l’Europe.
"Certains en Europe proposent d’envoyer des hélicoptères militaires plutôt que des secours pour contrôler les migrants qui voyagent dans des embarcations de fortune. Nous parlons d’une Europe qui met un croche-pied d’un réfugié ayant son bébé dans ses bras. Il y a actuellement plus de 10 mille enfants réfugiés disparus en Europe. Si ça avait été le cas dans mon pays, le monde nous serait tombé dessus", a-t-il encore critiqué.
Le Président turc a, en comparaison, rappelé que près d’un quart de millions de bébés de réfugiés sont nés en Turquie et que plus de 600 mille enfants de réfugiés ont intégré le système scolaire turc.
Erdogan a également rappelé le sort des migrants coincés en Lybie, vendus comme des esclaves.
"En tant que Turquie, nous nous tenons la tête haute, alors que dans le même temps, les pays qui se disent développés baissent la tête", s’est-il vanté.
Le Président Erdogan a rappelé que la Turquie a dépensé plus de 30 milliards de dollars américains pour l’accueil des réfugiés en Turquie, majoritairement des Syriens, dénonçant encore le manque de solidarité de l’Union Européenne et de l’ONU.
"Je peux comprendre l'hypocrisie des Européens concernant les réfugiés, mais je ne comprends pas derrière quoi court le leader de l'opposition dans notre pays. Il se demande où sont allés les 30 milliards de dollars que nous avons dépensé pour l'accueil des réfugiés, lui qui n'a jamais rien apporté aux plus nécessiteux", a-t-il lancé concernant Kemal Kilicdaroglu, président du Parti Républicain du Peuple (CHP).
Le Chef de l’Etat s’est ensuite à nouveau exprimé sur la question de Jérusalem et la décision du président américain Donald Trump reconnaissant la ville sainte comme capitale d’Israël.
"La question de Jérusalem n'est pas résoluble en se limitant à condamner les faits dans le coeur ou même seulement avec les paroles. Nous avons l'obligation d'entreprendre des mesures concrètes qui peuvent permettre de résoudre le problème", a-t-il affirmé.
"Chaque enfant qui pleure, chaque maman qui souffre, chaque personne qui est agressée, frappée et insultée, à Jérusalem et en Palestine, est l'annonceur d'une nouvelle tempête. Là où il n'y a pas de justice, il y a la persécution, mais aussi un réveil. La question de Jérusalem va être le précurseur de l'éveil des Musulmans et de l'Humanité toute entière", a-t-il conclu.