AA – Paris – Naz Altinsoy
“Le silence de l’Europe - sur les évènements au Moyen-Orient - creusera des plaies difficiles à guérir dans les consciences des peuples du Moyen-Orient" a déclaré le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan dans une inteview accordée au magazine français Paris Match, parue mercredi.
Concernant la question de la crise actuelle au Moyen-Orient, Erdogan a dénoncé le silence face au drame syrien tout comme la question palestinienne, ajoutant que la Turquie n’est pas soutenue dans la région, notamment pour faire face au problème des réfugiés.
“Croyez-moi, une Europe qui ne réagit pas face aux crimes militaires, aux injustices et aux drames humanitaires qui frappent le Moyen-Orient aura demain du mal à défendre ses propres valeurs”, a-t-il souligné.
Le Premier ministre turc a clairement affirmé que la Turquie vise toujours une adhésion à l’Union européenne (UE). “Vous ne pouvez pas écrire l’histoire de la Turquie sans l’Europe ou l’histoire de l’Europe sans la Turquie”, a-t-il indiqué, critiquant les “obstacles artificiels" dressés devant le processus d’adhésion.
Erdogan a rappelé que les valeurs de l’UE sont axées sur la démocratie, les droits de l’Homme, la prospérité et la sécurité, et non pas sur la religion, expliquant que si la Turquie est un pays majoritairement musulman, cela ne doit pas faire obstacle à son adhésion.
A la veille de son entretien avec le Président français François Hollande, prévu vendredi à Paris, le Premier ministre a indiqué qu’une nouvelle période est ouverte dans les relations entre la Turquie et la France après les élections de 2012 et le départ de Nicolas Sarkozy.