AA/ Istanbul / Büşra Nur Özcan
Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan a annoncé, vendredi son manifeste électoral ainsi que son "énoncé de vision" dans lequel il détaille sa vision à propos du statut de la Présidence de la République et de l’avenir de la Turquie.
S’exprimant, vendredi, lors d’un meeting au siège du complexe des congrès à Istanbul, Erdogan a appelé "le peuple à voter massivement le jour du scrutin présidentiel le 10 août prochain pour choisir, pour la première fois, leur candidat au suffrage universel et direct".
« Sous les coups de boutoir d'un monde en pleine mutation, le peuple revendique incessamment un véritable changement dans le pays », a estimé le premier ministre turc.
Pour Erdogan, « Contrairement au rôle interventionniste de l’Etat dans la société en nette régression, les vents de la démocratie et des libertés soufflent sur le monde entier et n’épargne aucun pays ».
« Le peuple Turc veut voir ces évolutions se concrétiser dans son pays», a-t-il poursuivi.
Avant l’arrivée au pouvoir du parti pour la justice et le développement (AKP) (2002), l’opinion dominante en Turquie était celle du « primat de l’Etat sur la nation ». Sous le règne de l’AKP cette formule n’est plus de mise. Désormais « La Nation passe avant l’Etat », a-t-il martelé.
Erdogan a affirmé que son parti vise à atteindre quatre objectifs majeurs, à l’horizon 2023, date de la célébration du Centenaire de la création de la République turque.
« Il s’agit de parvenir à un développement démocratique dans le pays, de réaliser des avancées majeures dans le processus de normalisation politique et sociale en Turquie, de promouvoir les conditions de vie des citoyens et de veiller à ce que la Turquie soit au rang des grandes nations », a-t-il cité en substance.
« Il de notre devoir de lutter contre les organisations qui tentent de noyauter les institutions de l’Etat à travers une manipulation fallacieuse de la religion dans le dessein de mettre en place un appareil parallèle dans l’Etat turc », a plaidé le premier ministre turc.
« Seul un Etat démocratique est à même de nous épargner un tel scénario », a-t-il soutenu, jurant en cas de victoire « de poursuivre ses efforts en vue de rétablir la paix interne, de conjurer le terrorisme et de trouver une solution à la question kurde ».
Sur le dossier des otages turcs enlevés par l’organisation de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), Erdogan a dénoncé l’enlèvement des 49 ressortissants turcs.
« Vous ne pouvez tirer aucun profit de l’acte que vous avez commis. Il vous importe de libérer les otages turcs au plus vite », s’est-il adressé aux ravisseurs des ressortissants turcs.
S’agissant de l’offensive militaire israélienne, Erdogan a plaidé en faveur d’un « cessez-le-feu immédiat » à Gaza. « On ne peut appréhender positivement la question de la normalisation des relations avec Israël alors que nos confrères périssent à Gaza », s’est-il indigné, accusant les israéliens « de verser dans les déclarations mensongères ». « Ils ne sont pas crédibles », a-t-il estimé
« Nous sommes convaincus que l’acceptation de l’injustice vaut injustice en soi. Nous refusons de faire partie intégrante des adeptes de l’injustice », a-t-il clamé, critiquant certaines parties de l’opposition qui plaident en faveur « d’une politique extérieure neutre ».
« Je m'adresse aux fervents partisans de la neutralité de la politique étrangère turque au Moyen Orient et en Palestine pour leur dire que la cause palestinienne était de tout temps et sera pour toujours notre première cause", a-t-il répliqué, réaffirmant l'engagement "à ne pas tourner le dos aux palestiniens qui furent tombés en martyre à Çanakkale lors de la première guerre mondiale ».