Enes Kaplan,Ayvaz Çolakoğlu
08 Mars 2018•Mise à jour: 09 Mars 2018
AA - Ankara - Ayvaz Colakoglu
Le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan a fustigé les prétendus savants de l'islam, tenant des propos d'une autre époque sur les femmes, inaptes au point d'ignorer qu'une actualisation de l'Islam était nécessaire.
Erdogan a prononcé un discours, jeudi, lors d'un programme organisé au palais présidentiel à Ankara à l'occasion de la Journée internationale de la femme.
Il a rendu un hommage appuyé à toutes les femmes avant d'exprimer la grande sensibilité qui l'anime en ce qui concerne les droits des femmes, "Je ne sais pas si un autre président de la République en Turquie a fait autant que moi pour les droits des femmes" s’est-il interrogé.
"Nous n'avons fait aucune différence pour les nombreuses femmes et enfants syriens réfugiés chez nous depuis 7 ans maintenant" a-t-il rappelé avant de souhaiter patience et courage aux femmes opprimées à travers le monde.
Le président turc avait été critiqué par le passé, lorsqu'il avait demandé aux femmes d'avoir au moins trois enfants.
Rappelant cela, il a qualifié d'ennemis de la nation les auteurs de ces critiques, insistant sur le fait qu'une nation est forte à travers sa population jeune et dynamique.
"Par moments, lorsque nous mettons l'accent sur le rôle de mère des femmes, je sais que cela dérange certains. Pourtant, c'est l'un des plus grands privilèges accordés par Allah à la femme" a-t-il renchéri.
Le leader turc a vertement critiqué le discours tenu sur les femmes par des prétendus savants de l'islam, les qualifiant "d'un autre âge", et mettant en exergue l'inaptitude de ces derniers "au point de ne pas savoir qu'une actualisation de l'Islam était nécessaire".
Il a notamment appelé le "Diyanet", l'institution étatique chargée du culte en Turquie, à assurer pleinement ses responsabilités pour ne pas laisser le champ libre à ce genre de personnage.
Le chef de l'Etat turc a annoncé la neutralisation de 3 089 terroristes depuis le lancement, le 20 janvier, de l'opération "Rameau d'olivier" dans l'objectif de libérer la région d'Afrin dans le Nord-ouest de la Syrie de l'emprise des organisations terroristes.
Il a notamment fustigé les Etats-Unis, se demandant pour quel motif autant d'armes étaient acheminées par ces derniers dans le Nord de la Syrie.
"Un pays a installé 20 bases dans le Nord de la Syrie. Que fait-il là ? Il y entrepose 5 000 camions d'armes et de munitions. Contre qui ? Il dit en avoir fini avec Daech. Si Daech a été éradiqué, alors que font ces armes ici, pourquoi? Les a-t-il amenés pour [les utiliser contre] nous?" a-t-il martelé.