Ilkay Guder,İlhan Toprak
28 Novembre 2015•Mise à jour: 29 Novembre 2015
AA - Balikesir - Nur Gülsoy
Le président de la République turque, Recep Tayyip Erdogan a déclaré espérer que l'incident avec la Russie n'aura pas de conséquences regrettables pour l'avenir.
Le chef d'Etat s'est exprimé lors d'une cérémonie d'inauguration de complexes d'enseignement, samedi, à Balikesir (ouest).
Dans son discours, Erdogan a abordé le problème entre la Russie et la Turquie, découlant du fait que "l'avion de combat russe, qui avait violé l'espace aérien turc, ait été abattu par deux avions turcs".
"Nous espérons que cette question avec la Russie ne s'aggrave pas, ne devienne pas épuisante, et n'ait pas de conséquences regrettables pour l'avenir, a déclaré Erdogan. Nous souhaitons que les parties adoptent une approche plus positive à ce stade."
Le président turc a appelé la Russie à résoudre le problème ensemble, sans l'entraîner à un niveau qui nuira aux relations: "J'estime que le prochain sommet des Nations Unies (ONU) sur le changement climatique à Paris offrira l'occasion de réparer nos relations. Nous pourrons trouver la chance de discuter du sujet [avec le président russe Vladimir Poutine], là-bas."
Erdogan a insisté qu'il est impossible de se taire devant la violation des frontières et du droit souverain.
"Nous avons fait tous les avertissements nécessaires, plusieurs fois, a-t-il précisé, en faisant allusion aux précédentes violations par la Russie. Nous avons fait preuve de tolérance et réalisé des entretiens. Le fait de poursuivre les violations malgré tout cela, n'a aucun rapport avec la bonne volonté ou l'amitié."
Des avions de combat turcs ont abattu un avion de chasse russe de type SU-24, accusé d'avoir violé l’espace aérien turc près de la frontière avec la Syrie.
L'avion russe s'est écrasé près de la ville à majorité turkmène de Bayirbucak, dans le nord-ouest de la Syrie.
L'armée turque a affirmé que l'appareil étranger a été averti à dix reprises en 5 minutes qu'il violait l'espace aérien turc, avant d'être finalement abattu par deux avions de chasse turcs de type F-16.
- Question syrienne
Le président turc a aussi abordé le conflit syrien: "Il n'y a aucune différence entre le régime d'al-Assad et l'organisation terroriste Daech. De même, il n'y a aucune différence entre le régime ou le Parti de l'Union démocratique (PYD) ou al-Nosra. Ils sont tous auteurs de crimes contre l'humanité commis dans ce pays [Syrie]."
Erdogan a ajouté que la région peuplée par les Turkmènes de Bayirbucak n'est pas contrôlée par Daech.
"Près d'une centaine d'organisations humanitaires sont présentes sur notre sol pour les demandeurs d'asile syriens, a également dit le président. Nous savons très bien que certaines d'entre elles ont des intentions cachées. Mais nous ne les empêchons pas de travailler, à moins que notre sécurité ne soit menacée."
- Attaque dans le Sud-est de la Turquie
Le président Erdogan s'est, par ailleurs, exprimé sur l'attaque terroriste commise dans la province de Diyarbakir, dont le chef du Barreau de la ville a été victime.
"Je viens d'apprendre la mort du président du Barreau de Diyarbakir, Tahir Elci, et le martyre d'un policier, a-t-il dit. D'autres policiers et des journalistes ont été blessés. Cet incident a démontré combien la Turquie a raison dans sa lutte contre le terrorisme. Cette lutte se poursuivra jusqu'à la fin."
Le Barreau de Diyarbakir donnait une conférence de presse devant le monument "Dort Ayakli Minare" (Minaret à quatre pieds), lorsque les terroristes ont attaqué la foule. Un échange de tirs a eu lieu avec les Forces de sécurité qui ont répliqué. Le président du Barreau a été tué dans l'échange de tirs.
Tahir Elci était poursuivi en justice pour "apologie du terrorisme", suite à ses déclarations lors d'une émission télévisée. Il avait alors déclaré que "le PKK n'est pas une organisation terroriste. Même si certaines de ses actions se rapprochent du terrorisme, le PKK est un mouvement politique armé. C’est un mouvement politique qui a de sérieuses revendications et qui bénéficie d'un grand soutien populaire".
L'acte d'accusation émis à son encontre a été accepté, fin octobre, par la 2e Cour Pénale de Bakirkoy, avec une demande d'emprisonnement de sept ans et demi. Le procès était en cours.