AA - Ankara - Nur Gülsoy
La Turquie nécessite une transformation, d'où les débâts sur la Constitution et le passage au système présidentiel, selon le président Recep Tayyip Erdogan.
Le chef d'Etat turc s'est exprimé en recevant le président de la Confédération turque des commerçants et des artisans (TESK), Bendevi Palandoken, et la délégation qui l'a accompagnée, mercredi au palais présidentiel à Ankara.
"Nous n'imposons aucune condition préalable concernant les débâts sur la Constitution ou le système présidentiel, a-t-il affirmé. Parce que nous estimons que la Turquie a besoin de ce changement, de cette transformation, c'est pourquoi nous insistons sur ces deux questions. Nous souhaitons que chacun puisse exprimer ses idées librement. Tout cela sera discuté, débattu, et transcrit. En fin de compte, c'est le peuple qui décidera."
Erdogan a vivement rejeté les critiques insinuant qu'il cherche à supprimer les mécanismes de contrôle.
"Impossible!, s'est-il exclamé, rappelant que le système présidentiel aux Etats-Unis est bicaméral et très fort. Nous souhaitons qu'il [le nôtre] ne soit pas bicaméral mais unicaméral, comme à présent. Et le président ne pourra mettre en oeuvre que ce que le Parlement lui permet."
"Certains lancent qu'on ne verra pas de Duce, de Führer ou de Tsar dans ce pays, a poursuivi Erdogan. Justement, nous discutons d'un système présidentiel pour qu'il n'y ait plus 'd'imitateurs de chef national', pour qu'on n'essaie plus d'ignorer la volonté nationale en se référant aux milieux tutélaires. Nous proposons le système présidentiel, pour que certains ne puissent pas dompter le peuple comme un maître."
Le président turc a aussi abordé les dernières informations diffusées par la presse, à propos d'une prétendue divergence entre lui et le chef du gouvernement, Ahmet Davutoglu.
"Certains chroniqueurs ou intervenants à la télévision essaient de semer la discorde entre moi et le Premier ministre, a-t-il lancé. Qu'ils ne s'efforcent pas car nous sommes engagés. Le président Tayyip Erdogan ne signera aucune décision qui obligera notre peuple à payer un prix."
Le président turc a conclu en condamnant l'exécution du pilote jordanien Mouadh al-Kasesba qui a été brûlé vif par des éléments de l'EIIL.