Andaç Hongur,Hatice Şenses Kurukız
25 Novembre 2015•Mise à jour: 26 Novembre 2015
AA - Istanbul - Nur Gülsoy
La Turquie ne compte pas amplifier les effets de l'incident survenu avec la Russie, a déclaré le président de la République turque, Recep Tayyip Erdogan.
Le chef de l'Etat a prononcé un discours à l'ouverture de la 31ème session de la réunion des ministres du Comité permanent de coopération économique et commerciale, de l'Organisation de la coopération islamique (ISEDAK), mercredi à Istanbul.
Dans le cadre des règles d'engagement, deux avions de combat turcs F-16 ont interpellé un avion de combat russe de type SU-24, mardi, qui a violé l'espace aérien turc à la frontière syrienne, et ignoré les dix avertissements lancés par les autorités dans l'espace de cinq minutes. L'avion revendiqué par la Russie, a été abattu et a chuté dans la région de Bayirbucak en Syrie. Pour sa part, l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) a confirmé que l'avion a bien violé l'espace aérien turc. En début octobre, des avions de combat russes avaient violé l'espace aérien turc, et les responsables russes avaient présenté des excuses, assurant que cela ne se reproduirait plus. La Turquie avait signalé qu'elle appliquera les règles d'engagement, dont la réplique militaire en cas de violation de son espace aérien.
"Nous ne comptons pas amplifier les effets de cet incident, a déclaré Erdogan. Nous défendons seulement notre sécurité et les droits de nos frères [les Turkmènes]. On dit que ces avions [russes] s'y trouvaient pour combattre Daech. L'organisation terroriste Daech n'est pas arrivée dans la région de Bayirbucak peuplée par les Turkmènes, à Lattaquié et dans son nord. Qu'on ne trompe personne."
Selon le président, la Turquie a longtemps tenu à avertir les autorités dans les pays concernés afin de prévenir un tel événement.
"Grâce à la bienveillance et l'attitude calme de la Turquie, un tel incident a pu être évité jusqu'à hier [mardi], a-t-il affirmé. Que personne n'attende que nous nous taisions face à la menace constante sur notre sécurité frontalière, à la négligence de nos droits souverains, à l'ignorance de nos droits et lois."
Le président turc a assuré que la Turquie poursuivra son aide humanitaire dans la région de la frontière avec la Syrie, soumise aux attaques du régime d'al-Assad, et qu'elle est déterminée à prendre les mesures nécessaires pour empêcher une nouvelle vague migratoire vers son territoire.
"Les portes que l'on ferme au visage de millions de Syriens et d'Irakiens qui cherchent seulement à survivre, aggraveront le problème. Tout le monde doit comprendre maintenant qu'on ne peut pas se soustraire au problème à l'aide de fils barbelés et de construction de murs. Il faut aussi comprendre que les réactions islamophobes, xénophobes et racistes aggraveront le problème."
Le chef d l'Etat turc a estimé que les "entités obscures que l'on nomme Daech, al-Qaïda, Boko Haram ou al-Shabab, sont les pions d'un plan de réaménagement du monde islamique".
Erdogan a appelé à comprendre que "les cibles principales de ces organisations terroristes sont les autres musulmans qui ne partagent pas leur opinion."
"Malheureusement, la famine et la misère, dont les images nous sont transmises par les télévisions, affectent majoritairement les pays membres de l'Organisation de la coopération islamique. Dans ces pays, 54 enfants sur mille meurent avant d'atteindre l'âge de cinq ans", a-t-il rappelé.